Le président libanais se rend à Washington, où il doit rencontrer Donald Trump
Il s'agira de la première visite d'un chef d'État libanais aux États-Unis depuis 2009..
Le président libanais Joseph Aoun s'est rendu à Washington le samedi 17 juin 2026 pour une visite officielle aux États-Unis, marquant la première rencontre d'un chef d'État libanais avec un président américain depuis 2009. À l'époque, Michel Sleiman avait été reçu par Barack Obama. Cette visite s'inscrit dans un contexte de tensions régionales et de négociations complexes entre le Liban et Israël, soutenues par les États-Unis. Joseph Aoun doit s'entretenir avec Donald Trump ainsi qu'avec d'autres responsables américains pour discuter de la situation au Liban, notamment de la consolidation du cessez-le-feu dans le sud du pays et du retrait des forces israéliennes des zones occupées. La présidence libanaise a précisé que ces échanges visaient également à renforcer la stabilité et la souveraineté du Liban.
Le Liban et Israël ont entamé en avril 2026 des négociations inédites depuis des décennies, sous l'égide des États-Unis, pour mettre fin à l'état de guerre entre les deux pays. Ces pourparlers ont abouti à un accord-cadre signé le 26 juin 2026 à Washington. Cet accord prévoit, sous réserve du désarmement du Hezbollah, le déploiement de l'armée libanaise dans des zones pilotes évacuées par Israël, qui occupe une partie du sud du Liban. L'armée libanaise doit ainsi rétablir son autorité sur l'ensemble du territoire national. Une sixième session de négociations tenue à Rome a permis de définir la structure et les lignes directrices de ce processus. Cependant, le Hezbollah, un mouvement armé chiite pro-iranien, a rejeté ces négociations et organisé un rassemblement à Tyr pour réaffirmer son opposition.
Le processus de paix est fragilisé par un conflit récent entre le Hezbollah et l'armée israélienne, déclenché le 2 mars 2026 lorsque le mouvement chiite a bombardé Israël en soutien à l'Iran, son allié. Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu fragile, des frappes limitées et des destructions persistent dans le sud du Liban. Selon les médias officiels libanais, des frappes israéliennes ont visé deux localités près de Tyr et Nabatieh le 17 juin, ainsi que le village de Zawtar al-Sharqiyah. L'armée libanaise a signalé la mort d'un soldat dans l'explosion d'un objet suspect dans un véhicule militaire à El Mansouri, également touchée par des frappes. Ces violences surviennent dans un contexte de tensions régionales accrues entre l'Iran et les États-Unis, avec des incidents comme le stoppé de quatre pétroliers iraniens dans le détroit d'Ormuz.
Face à l'instabilité, l'ambassade des États-Unis au Liban a renouvelé le 16 juin 2026 son avertissement à ses ressortissants, les incitant à éviter tout voyage au Liban. Parallèlement, l'armée libanaise a intensifié ses patrouilles dans les villages proches des zones occupées par Israël, comme l'a indiqué une source militaire à l'AFP. Le *Hezbollah*, qui contrôle une partie du sud du Liban, continue de rejeter les négociations directes entre le Liban et Israël, tout en maintenant une pression militaire. Ces dynamiques illustrent les défis majeurs auxquels le Liban est confronté pour rétablir la paix et la souveraineté sur son territoire, dans un environnement géopolitique complexe.

