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Géopolitique

Avoir un plan B en amour, une pratique plus répandue qu’on ne l’imagine

Courrier International · mis à jour il y a 25 j

À l’occasion d’une étude menée auprès de 1 279 Américains en couple, une personne interrogée sur six a avoué avoir une “solution de rechange”, à savoir une personne pour laquelle elle quitterait son conjoint actuel si celle-ci se montrait intéressée. La presse étrangère décrypte les raisons qui peuvent pousser à nourrir une attirance au point de s’assurer un plan B, tout en partageant sa vie avec quelqu’un d’autre..

Un adulte sur six

Une étude américaine publiée en décembre 2025 par l’institut Talker Research révèle qu’un adulte sur six en couple aux États-Unis entretient une solution de rechange amoureuse. Ce terme désigne une personne réelle, déjà connue, pour laquelle l’individu quitterait son partenaire actuel si cette personne manifestait de l’intérêt. L’enquête a porté sur 1 279 Américains en couple au moment de l’étude. Parmi eux, 19 % des hommes et 12 % des femmes déclarent avoir une telle personne en réserve. Cette pratique, bien que courante, interroge sur les motivations qui poussent à cultiver une attirance parallèle tout en maintenant une relation principale. Les chercheurs soulignent que cette attirance n’est pas nécessairement liée à une insatisfaction dans le couple actuel, mais plutôt à des besoins personnels ou à des insécurités.

L’attirance comme choix

Selon les psychologues interrogés, comme Lucia O’Sullivan, coauteure de l’étude, nourrir une attirance pour une solution de rechange n’est pas un réflexe biologique, mais un choix conscient. L’attirance ne disparaît pas automatiquement après s’être engagé dans une relation monogame, mais la manière dont on gère cette attirance fait toute la différence. O’Sullivan explique que le problème ne réside pas dans le sentiment lui-même, mais dans l’usage qu’on en fait. Par exemple, entretenir une attirance pour une personne tout en partageant sa vie avec un partenaire peut devenir un filet de sécurité psychologique, atténuant la peur de la solitude ou de l’abandon. Ce choix délibéré reflète souvent des insécurités profondes, comme un besoin constant de validation ou une intolérance au rejet.

Peur de la solitude

L’un des facteurs clés identifiés par les chercheurs est la peur du célibat, mesurée comme bien plus élevée chez les personnes ayant un plan B amoureux. Cette angoisse est particulièrement marquée chez celles présentant un profil d’attachement anxieux, caractérisé par une hantise de l’abandon, un besoin maladif de proximité et une difficulté à gérer le moindre signe de rejet. La psychologue Miriam Morales précise que ces motifs n’ont pas toujours de lien avec la qualité de la relation actuelle. Pour ces individus, l’existence d’une solution de rechange agit comme une sorte de garantie contre l’idée de se retrouver seul, réduisant ainsi l’angoisse d’une éventuelle rupture. Cette pratique révèle davantage leurs insécurités personnelles que la réalité de leur couple.

Différences hommes-femmes

L’étude met en lumière des disparités entre les genres dans la pratique du plan B amoureux. Ainsi, 19 % des hommes en couple déclarent avoir une personne de secours, contre seulement 12 % des femmes. Cette différence pourrait s’expliquer par des dynamiques relationnelles distinctes, mais les chercheurs n’avancent pas d’hypothèses définitives. Ils soulignent simplement que cette pratique est plus répandue chez les hommes que chez les femmes, sans pour autant en analyser les causes profondes. Ces chiffres illustrent une tendance générale, mais ne reflètent pas nécessairement une réalité universelle, car l’étude se limite à un échantillon de 1 279 Américains.

Ce que ça pourrait changer

Les personnes ayant un *plan B* amoureux partagent souvent un profil psychologique commun, selon les experts. Elles présentent généralement un *attachement anxieux*, marqué par une peur intense de l’abandon et un besoin constant de validation. Leur tolérance au rejet est très faible, ce qui les pousse à chercher des alternatives pour se rassurer. Lucia O’Sullivan, psychologue et coauteure de l’étude, explique que ces individus ont souvent une vision catastrophique de la solitude et perçoivent le célibat comme une menace majeure. Pour eux, l’existence d’une *solution de rechange* devient une stratégie de protection contre cette angoisse, même si cela implique de cultiver une attirance en parallèle d’une relation stable.

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