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Combien coûte un élève en France ?

The Conversation France · mis à jour il y a 15 j

L’ESSENTIEL L’éducation, longtemps le premier poste de dépense publique en France, a été dépassée par la charge de la dette. Les écarts entre les dépenses pour un écolier, un collégien, un lycéen et un étudiant sont toutefois très importants.

Dépense publique éducative

En France, l'éducation représente environ 6,7 % du produit intérieur brut (PIB) en 2025, avec un budget total de près de 200 milliards d'euros. Ce montant place l'éducation parmi les priorités budgétaires du pays, bien qu'elle ait été dépassée par la charge de la dette comme premier poste de dépense publique. La répartition des dépenses varie selon les niveaux d'enseignement : le second degré (collèges et lycées) reçoit la part la plus importante (37 %), suivi du premier degré (maternelle et primaire, 30 %) et de l'enseignement supérieur (23 %). Ces chiffres proviennent du service statistique officiel du ministère de l'Éducation nationale, la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP).

Financement multiacteurs

Le financement de l'éducation en France repose sur plusieurs acteurs. L'État assume 55 % des dépenses, principalement pour la rémunération des enseignants et le fonctionnement du système. Les collectivités territoriales (communes, départements, régions) contribuent à hauteur de 23 %, en prenant en charge les dépenses matérielles et immobilières : les communes financent les écoles, les départements les collèges et les régions les lycées. Les entreprises participent à hauteur de 10 %, notamment pour l'apprentissage et la formation professionnelle. Enfin, les ménages supportent 8 % des coûts, via les fournitures scolaires, les transports, l'hébergement ou une partie des frais de formation. Cette répartition reflète une logique de décentralisation partielle des responsabilités.

Coût par niveau scolaire

En 2025, la dépense moyenne annuelle par élève ou étudiant varie fortement selon le niveau d'enseignement. Pour le premier degré (maternelle et primaire), elle s'élève à 9 440 euros. Au collège et au lycée (second degré), elle atteint 11 780 euros. Dans le supérieur, la moyenne est de 13 350 euros, avec des écarts notables : 12 460 euros pour un étudiant à l'université, mais jusqu'à 14 700 euros pour un lycéen en filière professionnelle. Ces montants incluent les coûts de personnel, les équipements et les services annexes. Par exemple, un lycéen en filière générale coûte en moyenne 13 020 euros par an. Ces dépenses placent la France au-dessus de la moyenne de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour le second cycle du secondaire (+24,5 %), mais en dessous pour le primaire et le premier cycle du secondaire.

Comparaison internationale

La France se distingue dans les comparaisons internationales par ses dépenses élevées pour le second degré, notamment les lycées. En 2025, elle dépense environ 24,5 % de plus que la moyenne des pays de l'OCDE pour un élève du second cycle du secondaire. Cette particularité s'explique par la diversité des filières (générales, technologiques, professionnelles) et les équipements spécifiques nécessaires aux formations techniques. À l'inverse, pour le primaire et le collège, les dépenses françaises par élève sont inférieures à la moyenne de l'OCDE. Dans l'enseignement supérieur, la dépense publique par étudiant (12 460 euros) est proche de la moyenne de l'OCDE. Ces écarts soulignent des priorités budgétaires différentes selon les pays.

Ce que ça pourrait changer

Au-delà du montant des dépenses, leur efficacité est un enjeu majeur. Une politique éducative doit être évaluée selon ses résultats : apprentissages, parcours des élèves, réduction des inégalités et bien-être des bénéficiaires. En France, malgré des dépenses importantes, les progrès en volume sont faibles. L'*Institut de recherche sur l'éducation* (Iredu) et le *Conseil d'analyse économique* (CAE) soulignent la nécessité de mieux orienter les financements vers des interventions pédagogiques prouvées efficaces, comme l'accompagnement des élèves en difficulté. Les dispositifs coûteux mais aux résultats incertains devraient être réexaminés. Pour l'enseignement supérieur, les évaluations doivent intégrer la réussite, l'insertion professionnelle, la recherche et l'égalité des chances.

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