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Connaissez-vous la slopagande ?

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 24 j

À partir d'aujourd'hui, la Chronique du Grand Continent passe à l'heure d'été. Pour commencer ce matin, une nouvelle notion lancée par le Grand Continent : la slopagande....

Naissance du slop

Le terme slop désigne un contenu généré par intelligence artificielle (IA) de mauvaise qualité, souvent absurde ou trompeur, qui se répand massivement sur les réseaux sociaux. Ces productions, comme des vidéos ou des images, mélangent esthétique kitsch et fausses informations, créant une forme de poubelle visuelle destinée à capter l’attention. L’article cite l’exemple de vidéos où Donald Trump, président américain, apparaît en costume sur un terrain de football aux côtés de stars comme Kylian Mbappé et Lionel Messi, marquant un but imaginaire. Ces contenus sont générés en quelques millisecondes par des outils d’IA et inondent les fils d’actualité, transformant l’information en spectacle déformé. Le slop illustre ainsi la dégradation du langage et de la communication à l’ère numérique, où les mots se réduisent souvent à des monosyllabes ou des expressions simplistes, comme buzz, prompt ou CHAT GPT.

Qu’est-ce que la slopagande ?

La slopagande est un néologisme forgé par Michał Klincewicz, chercheur en sciences cognitives, pour décrire une propagande moderne utilisant des outils d’IA générative comme le slop. Contrairement à la propagande traditionnelle, qui cherche à imposer des certitudes, la slopagande prospère sur le doute et la confusion. Elle sature l’espace informationnel avec des contenus contradictoires ou absurdes, rendant difficile la distinction entre réalité et fiction. L’article mentionne l’exemple de l’Iran, qui a produit des vidéos d’animation générées par IA mettant en scène des personnages en Lego pour diffuser une propagande anti-américaine. Cette technique a été utilisée pour la première fois à grande échelle lors de conflits géopolitiques, comme celui opposant les États-Unis à l’Iran. La slopagande marque une rupture avec les méthodes de propagande du XXe siècle, en exploitant la saturation cognitive et la polarisation des opinions.

Impact sur la perception du réel

La slopagande crée une sensation de malaise chez les spectateurs, qui oscillent entre rire et consternation face à des contenus à la fois grotesques et inquiétants. Ces productions, comme les vidéos de Donald Trump en aviateur bombardant des manifestants ou marchant vers le Groenland avec un manchot, brouillent les repères entre information et désinformation. L’article souligne que cette technique est employée par plusieurs acteurs géopolitiques, dont la Russie, qui l’utilise pour alimenter la polarisation et affaiblir la cohésion sociale. Le résultat est une maladie du doute nihiliste, où plus rien ne semble vrai ou fiable. Ian Garner, historien spécialiste de la Russie, s’interroge : si les individus ne partagent plus le même présent, comment peuvent-ils construire un avenir commun ? La slopagande menace ainsi non seulement la vérité, mais aussi la possibilité même d’un débat démocratique.

Ce que ça pourrait changer

Face à la *slopagande*, la reconstruction d’un monde commun apparaît comme un acte de résistance essentiel. L’article cite Ian Garner, qui affirme que si le monde devait être submergé par ces contenus, plus rien ne serait possible, ni vrai, ni partagé. Pour contrer ce phénomène, il est nécessaire de rétablir des repères communs et de promouvoir une éducation aux médias et à l’IA. La *slopagande* n’est pas seulement un outil de manipulation, mais aussi un symptôme des failles des sociétés modernes, où la vitesse de diffusion de l’information dépasse souvent la capacité à la vérifier. Les plateformes numériques, en optimisant l’engagement plutôt que la qualité, jouent un rôle clé dans cette dynamique. La lutte contre la *slopagande* passe donc par une réflexion sur l’éthique de l’IA, la régulation des algorithmes et la promotion d’un espace public plus résistant à la désinformation.

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