Le Parlement européen appelle à une meilleure protection de la santé mentale et physique des salariés
Les députés européens viennent d'émettre des recommandations en vue d'une nouvelle proposition de législation européenne afin de prévenir et réduire les risques psychosociaux et le stress lié au travail..
Le Parlement européen a adopté une résolution le 14 octobre 2026 appelant à une meilleure protection de la santé mentale et physique des salariés. Cette initiative s'inscrit dans un contexte où les troubles liés au travail, comme le stress, l'épuisement professionnel ou les risques physiques, représentent un enjeu majeur pour les entreprises et les économies européennes. Le Parlement souligne que ces problèmes entraînent des coûts élevés, tant pour les travailleurs que pour les employeurs, en termes de productivité, d'absentéisme et de dépenses de santé. La résolution propose des mesures concrètes pour renforcer les droits des salariés et les obligations des employeurs, notamment en matière de prévention et de prise en charge des risques professionnels.
Parmi les points clés de la résolution, la santé mentale des salariés est désignée comme une priorité absolue. Le Parlement européen met en avant des données alarmantes : selon des études récentes, près de 20 % des travailleurs européens souffrent de troubles psychiques liés à leur activité professionnelle, comme la dépression ou l'anxiété. Ces troubles, souvent aggravés par des conditions de travail difficiles (surcharge, manque de reconnaissance, horaires décalés), coûtent chaque année à l'Union européenne environ 150 milliards d'euros en perte de productivité et en dépenses médicales. La résolution encourage les États membres à intégrer des programmes de prévention et de soutien psychologique dans les politiques de santé au travail.
Le Parlement européen demande également un renforcement des mesures de protection de la santé physique des salariés. Il rappelle que les accidents du travail et les maladies professionnelles (comme les troubles musculo-squelettiques ou les expositions à des substances dangereuses) restent une réalité préoccupante en Europe. En 2025, plus de 3 millions d'accidents du travail ont été recensés dans l'UE, entraînant près de 4 000 décès et des millions de jours d'arrêt maladie. La résolution propose d'harmoniser les normes de sécurité au travail dans tous les États membres et d'imposer des contrôles réguliers dans les secteurs à haut risque, comme la construction ou l'industrie.
Les employeurs sont désignés comme les principaux acteurs de la mise en œuvre de ces mesures. La résolution leur impose une obligation de résultat en matière de prévention des risques professionnels, sous peine de sanctions. Elle recommande notamment la création de services de santé au travail renforcés, capables d'évaluer les risques et de proposer des solutions adaptées. Les entreprises devront également former leurs managers à la détection des signes de souffrance au travail et mettre en place des mécanismes de signalement anonymes pour les salariés. Ces obligations s'appliqueront à toutes les entreprises, quel que soit leur taille, avec des échéances progressives à partir de 2027.
Cette résolution s'appuie sur le droit européen du travail, un ensemble de directives et de règlements qui encadrent les conditions de travail dans l'UE. Elle s'inscrit dans la continuité de textes comme la directive sur les agents chimiques ou le cadre stratégique pour la santé et la sécurité au travail 2021-2027. Cependant, contrairement à ces textes qui fixent des objectifs généraux, la résolution du Parlement européen propose des mesures contraignantes et des échéances précises pour leur application. Les États membres devront transposer ces dispositions dans leur législation nationale d'ici 2028, sous le contrôle de la Commission européenne.
La résolution a été adoptée à une large majorité par les députés européens, reflétant une prise de conscience croissante des enjeux liés à la santé au travail. Cependant, son application dépendra de la volonté des gouvernements nationaux et des partenaires sociaux (syndicats et organisations patronales). Une première étape consistera en une consultation des acteurs concernés d'ici la fin de l'année 2026, suivie d'un plan d'action détaillé en 2027. Les syndicats saluent cette initiative, tandis que certains employeurs expriment des craintes quant aux coûts supplémentaires que ces mesures pourraient engendrer, notamment pour les PME.

