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Géopolitique

Dans un village du sud du Liban : “On regarde nos maisons être démolies sans rien pouvoir faire”

Courrier International · mis à jour il y a 2 j

Coupée en deux par la “ligne jaune”, qui délimite la zone occupée par l’armée israélienne en territoire libanais, la localité de Mansouri est la cible quotidienne de bombardements et de destructions. Le quotidien libanais “L’Orient-Le Jour” a rencontré certains de ses résidents déplacés, lesquels assistent, impuissants, au sort réservé à leur village..

Contexte géographique

Le village de Mansouri se situe dans le sud du Liban, une région frontalière avec Israël. Il est coupé en deux par la ligne jaune, une frontière de facto délimitant la zone occupée par l’armée israélienne en territoire libanais. Cette ligne, établie après le retrait israélien en 2000, marque une zone de tension permanente entre les deux pays. Mansouri est particulièrement exposé car il se trouve à proximité de cette frontière, ce qui en fait une cible récurrente lors des conflits. Les habitants vivent sous la menace constante de bombardements et de destructions, malgré leur éloignement relatif des zones de combat principales.

Crise humanitaire

Depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars 2026, les habitants de Mansouri subissent des destructions systématiques de leurs habitations. Le 6 août 2026, un ordre d’évacuation israélien a forcé les résidents à fuir à nouveau, alors qu’ils venaient tout juste de revenir dans leur village après les dégâts causés par la précédente guerre. Les destructions touchent notamment les maisons situées à flanc de colline, visibles depuis les positions israéliennes mais inaccessibles aux habitants. Ces actes visent délibérément les biens privés, aggravant une crise humanitaire déjà profonde dans la région.

Témoignages locaux

Hicham Haïdar, un habitant de Mansouri, décrit avec amertume la destruction de sa maison et de celles de ses fils, survenue la semaine précédente. Il évoque la perte de son troisième café, installé dans une voiture équipée d’un panneau solaire après la destruction des deux précédents établissements. Les résidents, comme Abou Ibrahim, assistent impuissants à la démolition de leurs foyers, sans pouvoir intervenir ni protester. Ces témoignages illustrent l’absence totale de recours pour les habitants, contraints de subir ces exactions sans protection ni compensation.

Acteurs en présence

Le conflit oppose principalement Israël et le Hezbollah, un parti politique et milice armée chiite libanais soutenu par l’Iran. Le Hezbollah est présent dans le sud du Liban et mène des opérations contre Israël, qui riposte par des frappes aériennes et des destructions ciblées. L’armée libanaise, quant à elle, contrôle un barrage situé à 1 kilomètre de Mansouri, marquant la limite entre la zone sûre et la zone occupée. Les habitants, pris entre ces forces, n’ont aucun moyen de se défendre ou de négocier avec les belligérants.

Conséquences immédiates

Les destructions répétées de maisons privent les habitants de Mansouri de leurs biens les plus précieux, souvent construits sur plusieurs générations. Les déplacements forcés, déjà fréquents depuis des décennies, s’aggravent avec chaque nouvelle crise. Les infrastructures locales, comme les cafés ou les routes, sont systématiquement visées, ce qui paralyse toute activité économique dans la région. Les habitants, comme Hicham Haïdar, doivent reconstruire leur vie à plusieurs reprises, sans garantie de stabilité ni de sécurité à long terme.

Ce que ça pourrait changer

Le 6 août 2026, quelques semaines après la signature d’un *accord-cadre* entre le Liban et Israël, les destructions de maisons à Mansouri se poursuivent. Cet accord, censé établir un cessez-le-feu et des négociations pour résoudre les tensions frontalières, semble n’avoir aucun effet sur le terrain. Les habitants, qui avaient cru à une possible amélioration, sont confrontés à la réalité d’un conflit qui ignore les accords diplomatiques. Cet échec illustre l’instabilité chronique de la région et l’impuissance des institutions locales et internationales à protéger les civils.

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