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Culture

L'école, fabrique du sexisme ?

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 4 j

Et si l'école perpétuait des stéréotypes qu'elle croit combattre ?.

École et stéréotypes

L’article interroge le rôle de l’école dans la transmission des inégalités de genre. Selon la journaliste Aurélia Blanc et la proviseure Carole Zerbib, les établissements scolaires, malgré leurs intentions, pourraient contribuer à perpétuer des stéréotypes de genre plutôt que de les combattre. Ces stéréotypes désignent des idées reçues ou des généralisations sur les rôles, comportements ou capacités attribués aux filles et aux garçons, souvent sans fondement réel. Par exemple, des matières comme les sciences ou les lettres sont encore perçues comme plus adaptées aux garçons ou aux filles, influençant les choix d’orientation des élèves. Le débat s’inscrit dans un contexte où l’école française est censée garantir l’égalité entre les sexes, mais où des pratiques quotidiennes, comme les interactions entre enseignants et élèves ou les activités proposées, peuvent renforcer ces inégalités.

Sexisme au collège

Le sexisme à l’école se manifeste dès le collège, où les stéréotypes de genre commencent à influencer les comportements et les aspirations des élèves. Aurélia Blanc, auteure et journaliste, souligne que les filles sont souvent moins encouragées à s’orienter vers des filières scientifiques ou techniques, malgré des résultats scolaires souvent supérieurs. Par exemple, en France, seulement 28 % des élèves en filière scientifique sont des filles, alors qu’elles représentent 55 % des effectifs dans l’enseignement secondaire. Carole Zerbib, proviseure du lycée Vauquelin à Paris et membre du SNPDEN-UNSA (Syndicat National des Personnels de Direction de l’Éducation Nationale), confirme que ces disparités persistent malgré les politiques publiques visant à promouvoir l’égalité. Le collège, en tant que lieu de socialisation, joue un rôle clé dans la construction de ces inégalités, souvent de manière inconsciente.

Rôle des enseignants

Les enseignants et les équipes éducatives ont un impact direct sur la transmission des stéréotypes de genre, parfois sans en avoir conscience. Carole Zerbib explique que les attentes des professeurs envers les élèves peuvent varier selon leur genre. Par exemple, une étude citée dans l’article montre que les garçons reçoivent plus de feedbacks positifs pour leur participation en classe, tandis que les filles sont davantage félicitées pour leur comportement ou leur travail soigné. Ces différences, bien que subtiles, contribuent à façonner les aspirations des élèves. Le SNPDEN-UNSA, syndicat auquel appartient Zerbib, milite pour une formation des enseignants sur ces enjeux, afin de rendre leurs pratiques plus neutres et équitables. L’objectif est de lutter contre les biais inconscients qui influencent les interactions en classe.

Orientation genrée

Les choix d’orientation scolaire et professionnelle restent fortement influencés par des stéréotypes de genre, malgré les efforts des institutions. Aurélia Blanc met en lumière des chiffres révélateurs : en 2022, seulement 10 % des élèves en filière STI2D (Sciences et Technologies de l’Industrie et du Développement Durable) étaient des filles, tandis que 90 % des élèves en filière SAPAT (Services Aux Personnes et Aux Territoires) étaient des filles. Ces disparités s’expliquent en partie par des représentations sociales persistantes, comme l’idée que les métiers techniques ou scientifiques seraient plus adaptés aux hommes, ou que les métiers du care (soin, éducation) seraient plus féminins. Carole Zerbib souligne que ces choix, souvent pris dès le lycée, limitent les opportunités professionnelles des élèves et renforcent les inégalités sur le marché du travail.

Ce que ça pourrait changer

Face à ces constats, Aurélia Blanc et Carole Zerbib proposent des pistes pour réduire les inégalités de genre à l’école. Aurélia Blanc, auteure de l’ouvrage *Les Nouvelles News*, insiste sur la nécessité de sensibiliser les élèves dès le plus jeune âge aux stéréotypes, par exemple à travers des ateliers ou des discussions en classe. Elle cite des programmes comme *Les Sciences, c’est pour les filles aussi !* qui visent à encourager les filles à s’intéresser aux disciplines scientifiques. Carole Zerbib, quant à elle, plaide pour une formation obligatoire des enseignants sur les questions de genre, afin de les aider à repérer et corriger leurs propres biais. Le SNPDEN-UNSA, dont elle est membre, milite pour une intégration systématique de ces enjeux dans les projets d’établissement. Ces solutions s’inscrivent dans une approche globale, combinant éducation, formation et politiques publiques.

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