Les Houthis renouvellent leurs menaces contre les aéroports saoudiens
Ces menaces interviennent au lendemain d’une attaque, qui a fait 12 morts à l'aéroport de Riyad..
Les Houthis, un groupe armé yéménite soutenu par l’Iran, ont réitéré dimanche 11 octobre 2026 leurs menaces de frapper les aéroports et l’espace aérien de l’Arabie saoudite. Leur porte-parole militaire, Yahya Saree, a averti sur le réseau social X (anciennement Twitter) que les voyageurs, employés et compagnies aériennes utilisant ces infrastructures s’exposaient à des frappes. Les Houthis ont précisé que les aéroports des villes saintes de La Mecque et Médine étaient exclus de cette menace. Cette escalade intervient après une attaque meurtrière contre l’aéroport international King Khalid de Riyad, la capitale saoudienne, qui a fait 12 morts et 309 blessés samedi 10 octobre 2026, selon les autorités saoudiennes. Il s’agit de la plus grave attaque contre le royaume depuis août 2015, date d’un attentat suicide de l’État islamique ayant causé 15 morts dans une mosquée d’Abha.
Les tensions entre les Houthis et l’Arabie saoudite s’inscrivent dans le cadre d’une guerre au Yémen débutée en 2014. Les Houthis, qui contrôlent une grande partie du nord du Yémen, sont opposés au gouvernement yéménite, soutenu militairement par une coalition dirigée par l’Arabie saoudite depuis 2015. Ce conflit a déjà fait des centaines de milliers de morts et provoqué une crise humanitaire majeure. Les Houthis sont qualifiés de pro-iraniens car ils bénéficient du soutien logistique et financier de l’Iran, un rival régional de l’Arabie saoudite. Depuis septembre 2026, les Houthis ont lancé une offensive éclair, prenant le contrôle de la mer Rouge, un détroit stratégique appelé Bab el-Mandeb. Cette zone est cruciale pour le commerce maritime mondial, car elle relie l’océan Indien à la mer Méditerranée via le canal de Suez.
L’attaque contre l’aéroport de Riyad a provoqué une vague de condamnations internationales. Le président américain Donald Trump a qualifié l’événement d’inacceptable et a annoncé qu’il étudiait une possible participation des États-Unis aux opérations militaires contre les Houthis. Il a également prévu de s’entretenir avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qui dirige de facto l’Arabie saoudite. D’autres pays et institutions ont réagi, comme l’ONU, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Irak et le Pakistan, ainsi que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui a évoqué une escalade dangereuse. La coalition militaire saoudienne a quant à elle accusé les Houthis de crime de guerre et promis une réponse ferme. Une source diplomatique a confirmé que l’attaque de samedi provenait bien d’un missile houthi.
L’aéroport international King Khalid de Riyad est resté fermé dimanche 11 octobre 2026 après l’attaque de samedi, qui a endommagé des équipements essentiels comme le radar, les systèmes de communication et les pistes. Les opérations aériennes ont été suspendues jusqu’à nouvel ordre. Parmi les victimes figurent 4 Saoudiens, 2 Bangladais, 1 Américain, 1 Égyptien, 1 Argentin, 1 Syrien, 1 Palestinien et 1 Soudanais. Les autorités saoudiennes ont ordonné l’enseignement à distance dans les écoles de Riyad pour une semaine et appelé les médecins à se rendre dans les hôpitaux. Plusieurs ambassades étrangères ont recommandé à leurs employés d’éviter l’aéroport pendant une semaine. L’ambassade des États-Unis a renforcé les restrictions d’accès aux aéroports de Dammam et Jeddah, exigeant une autorisation pour les fonctionnaires américains.
Les frappes contre l’*Arabie saoudite* surviennent alors que le royaume doit accueillir plusieurs conférences internationales majeures en octobre 2026, dont une sur l’investissement attirant des dirigeants étrangers et des figures du monde des affaires. Ces événements soulignent l’importance stratégique de l’*Arabie saoudite* sur la scène mondiale, notamment en tant que puissance économique et énergétique. Parallèlement, les combats se poursuivent au *Yémen*, où les forces gouvernementales tentent de reprendre le contrôle du détroit de *Bab el-Mandeb*, toujours aux mains des Houthis. L’île de *Mayyoun*, située au cœur de ce passage maritime, reste un point de tension. Les Houthis ont également rapporté des frappes saoudiennes sur la capitale yéménite, *Sanaa*, tenue par leur mouvement.

