Les spécialistes en psychologie sont unanimes : les personnes qui vous coupent la parole ne sont pas malpolies, mais ont plutôt tendance à se plaindre ou à se mettre en avant
Une très mauvaise habitude qui en dit beaucoup sur vous..
Le boomerasking est une pratique qui consiste à poser une question à son interlocuteur dans le seul but de recevoir une question en retour, souvent pour se mettre en avant ou se plaindre. Ce terme, issu de la contraction des mots anglais boomerang et asking (demander), a été formalisé par Alison Wood Brooks, psychologue à l’Université de Harvard. Il ne s’agit pas d’une simple impolitesse, mais d’un mécanisme psychologique où la personne cherche à orienter la conversation vers ses propres expériences ou préoccupations. Par exemple, si quelqu’un vous demande ce que vous faites ce week-end, il pourrait immédiatement vous couper pour évoquer un dîner avec un chef étoilé, transformant ainsi la question initiale en une opportunité de se valoriser.
Alison Wood Brooks distingue trois types de boomerasking. Le premier, la demande destinée à se vanter, consiste à répondre à une question en mettant en avant des anecdotes personnelles ou des réussites. Le second, la demande de plainte, vise à partager une situation désagréable pour attirer la sympathie ou l’attention. Enfin, la demande-partage permet d’enchaîner sur une information neutre, comme une situation quotidienne, pour maintenir l’attention sur soi. Ces trois formes visent toutes à recentrer la conversation sur l’individu qui pose la question, parfois au détriment de son interlocuteur.
Selon le Wall Street Journal, entre 40 % et 60 % des propos tenus dans une conversation quotidienne sont centrés sur soi, c’est-à-dire axés sur ses propres sentiments, opinions ou expériences personnelles. Ce pourcentage peut atteindre 80 % sur les réseaux sociaux, où les échanges sont souvent plus égocentrés. Cette tendance à parler de soi est naturelle pour beaucoup de personnes, car elle procure un sentiment de satisfaction ou de valorisation. Cependant, elle peut aussi donner l’impression d’un manque d’intérêt pour les autres, ce qui peut nuire aux relations sociales.
Pratiquer le boomerasking de manière excessive peut rendre une personne perçue comme peu intéressante ou égoïste, car elle semble ne s’intéresser qu’à ses propres sujets. Cette habitude peut également nuire à la qualité des échanges, en transformant les conversations en monologues où l’autre personne devient un simple auditeur passif. Pour éviter cela, il est conseillé de prendre conscience de ce comportement et d’essayer de rééquilibrer les échanges en accordant plus d’attention à son interlocuteur.
Le concept de *boomerasking* a été étudié et validé par Alison Wood Brooks, psychologue à l’Université de Harvard. Ses travaux montrent que cette pratique n’est pas anodine, mais relève d’un mécanisme psychologique bien identifié. Contrairement à une simple impolitesse, le *boomerasking* reflète souvent un besoin de reconnaissance ou de validation sociale. Cette notion a été reprise par des médias comme *Ouest France* et le *Wall Street Journal*, confirmant son sérieux et son ancrage dans la recherche en psychologie.

