NapseflowNapseflow
TECH

Les spécialistes en psychologie sont unanimes : les personnes qui vous coupent la parole ne sont pas malpolies, mais ont plutôt tendance à se plaindre ou à se mettre en avant

Source unique·3 sept.

Derrière l’apparente impolitesse des interruptions en conversation se cache une mécanique psychologique bien plus profonde que le simple manque de savoir-vivre. Le boomerasking, concept étudié par des chercheurs en psychologie comme Alison Wood Brooks de Harvard, révèle une tendance à détourner les échanges vers soi-même, qu’il s’agisse de se valoriser, de se plaindre ou de monopoliser l’attention. Cette habitude, loin d’être anodine, interroge sur les dynamiques sociales contemporaines où l’ego semble dominer les interactions, transformant des moments de partage en monologues déguisés.

Qu’est-ce que le boomerasking et comment se manifeste-t-il concrètement dans une conversation ?

Le boomerasking désigne une technique de conversation où une personne pose une question dans le but que son interlocuteur lui retourne la même, afin de pouvoir ensuite se mettre en avant, se plaindre ou partager une anecdote. Par exemple, après avoir demandé à quelqu’un ce qu’il compte faire le week-end, la personne interrompt sa réponse pour évoquer un dîner avec un chef étoilé, détournant ainsi l’échange à son profit. Ce phénomène, étudié par Alison Wood Brooks à Harvard, se décline en trois variantes : la demande de vanité (se valoriser), la demande de plainte (exprimer un mécontentement) et la demande-partage (aborder un sujet neutre pour rebondir sur soi).

Pourquoi cette pratique est-elle si répandue, et quels sont ses effets sur les relations sociales ?

Selon des données citées par le Wall Street Journal, entre 40 % et 60 % des propos tenus dans une conversation seraient centrés sur soi, un chiffre qui atteint 80 % sur les réseaux sociaux. Cette tendance s’explique par un besoin naturel de se dévoiler et de recevoir de l’attention, mais elle transforme les échanges en monologues déguisés. À long terme, cette habitude peut rendre une personne perçue comme égocentrique, peu intéressante, voire toxique, car elle donne l’impression de ne s’intéresser qu’à ses propres expériences au détriment de celles des autres.

Quelles solutions existent pour limiter le boomerasking et favoriser des conversations plus équilibrées ?

La première étape consiste à prendre conscience de cette tendance, comme le souligne Alison Wood Brooks. Il s’agit ensuite de privilégier des questions ouvertes qui invitent l’interlocuteur à développer sa réponse sans chercher à détourner le sujet vers soi. Par exemple, au lieu de demander « Qu’as-tu fait ce week-end ? » pour ensuite parler de ses propres projets, on peut reformuler pour encourager un partage authentique, comme « Raconte-moi ta meilleure expérience de la semaine ». Une écoute active et une reformulation des propos de l’autre peuvent aussi rééquilibrer les échanges.

Ce que ça pourrait changer

Si le boomerasking reflète une tendance sociale plus large à l’individualisme dans les interactions, il pourrait aussi servir de révélateur sur la qualité des relations humaines dans un monde hyperconnecté. À l’ère des réseaux sociaux où l’auto-promotion est reine, cette pratique interroge la capacité à écouter autrui sans chercher à se mettre en scène. Elle invite à repenser les codes de la conversation pour préserver des échanges plus authentiques et moins centrés sur l’ego, un enjeu particulièrement pertinent dans un contexte professionnel ou amical où la confiance et l’empathie sont essentielles.

Voir aussi

Plus de contenus dans cette catégorie →

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.