Assurance maladie et complémentaires santé : deux pistes de réforme mises en chiffres
Assurance maladie et complémentaires santé : deux pistes de réforme mises en chiffres Santé Protection sociale.
L’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et l’Inspection générale des finances (IGF) ont publié une étude le 25 septembre 2026. Ces deux organismes, qui dépendent du gouvernement français, analysent des scénarios de réforme pour le financement des soins en France. Leur travail porte sur la répartition des coûts entre l’assurance maladie obligatoire (prise en charge par l’État) et les complémentaires santé (assurances privées que les individus souscrivent en plus). L’étude ne propose aucune solution précise, mais évalue les impacts possibles de différentes options sur trois aspects : les dépenses publiques, le reste à charge pour les assurés et les cotisations versées aux complémentaires. Les résultats sont des simulations, ce qui signifie qu’ils ne reflètent pas une décision déjà prise, mais explorent des hypothèses pour éclairer les choix futurs.
En France, le système de santé repose sur deux piliers. D’une part, l’assurance maladie obligatoire (gérée par l’État via la Sécurité sociale) couvre une partie des frais médicaux pour tous les assurés, selon un barème fixé par la loi. D’autre part, les complémentaires santé (souvent appelées mutuelles ou assurances privées) prennent en charge tout ou partie du reste à charge, c’est-à-dire la part non remboursée par l’assurance maladie. L’étude de l’IGAS et de l’IGF examine comment modifier cette répartition pourrait affecter les dépenses de l’État, le budget des ménages et les revenus des complémentaires. Par exemple, si l’assurance maladie couvrait davantage de soins, les cotisations des complémentaires pourraient diminuer, mais les dépenses publiques augmenteraient. À l’inverse, si les complémentaires prenaient en charge plus de frais, le reste à charge pour les assurés pourrait baisser, mais les primes d’assurance pourraient augmenter.
L’étude ne se contente pas d’évaluer les effets globaux des réformes : elle analyse aussi comment ces changements pourraient toucher différemment les assurés selon leur situation. Par exemple, les personnes aux revenus modestes pourraient voir leur reste à charge évoluer de manière distincte de celles aux revenus élevés, en fonction des scénarios envisagés. Les simulations prennent en compte des critères comme l’âge, la situation familiale ou le niveau de couverture actuel. L’objectif est d’identifier les groupes qui pourraient bénéficier ou subir des conséquences négatives, afin d’adapter les réformes pour limiter les inégalités. Les résultats sont présentés sous forme de projections chiffrées, mais leur précision dépend des hypothèses retenues pour chaque scénario.
Bien que l’étude fournisse des données détaillées, elle ne formule aucune recommandation explicite. Les auteurs soulignent que leurs travaux sont des outils d’aide à la décision, destinés aux pouvoirs publics. Les scénarios explorés incluent des variations dans le niveau de remboursement de l’assurance maladie, des modifications des tarifs des complémentaires ou encore des changements dans la fiscalité des assurances privées. Chaque option est évaluée en fonction de son impact sur le budget de l’État, le pouvoir d’achat des ménages et la stabilité financière des complémentaires. Les chiffres clés, comme les variations de dépenses ou de cotisations, sont calculés pour chaque hypothèse, mais aucune conclusion définitive n’est tirée. Le rapport laisse ainsi aux décideurs politiques le soin de trancher en fonction des priorités nationales.

