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Géopolitique

À qui profitera la nouvelle loi électorale italienne ?

Courrier International · mis à jour il y a 20 j

Jeudi 16 juillet, la Chambre des députés a approuvé en première lecture la réforme de la loi électorale italienne. Alors que le processus parlementaire qui doit conduire à l’adoption du nouveau système n’est pas arrivé à son terme, celui-ci suscite déjà la polémique..

Nouvelle loi électorale

L'Italie a adopté en première lecture une réforme de sa loi électorale, appelée Stabilicum, qui vise à remplacer le système actuel, le Rosatellum. Ce dernier était un système mixte, combinant proportionnelle et majoritaire, permettant parfois l'absence de majorité claire au Parlement. Le Stabilicum introduit une prime de majorité de 105 sièges pour la coalition obtenant au moins 42 % des voix, garantissant ainsi une majorité stable dans les deux chambres. Cette réforme a été présentée comme un moyen d'assurer un gagnant clair aux élections et de permettre à la coalition victorieuse de former un gouvernement stable. La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, devrait se présenter pour un deuxième mandat à l'automne 2027, date à laquelle cette loi pourrait entrer en vigueur si elle est définitivement adoptée.

Prime de majorité

La prime de majorité est un mécanisme clé du Stabilicum. Elle attribue un bonus de 105 sièges à la chambre basse et de 52 sièges au Sénat à la coalition qui atteint au moins 42 % des voix. Ce bonus permet à cette coalition d'obtenir une majorité absolue, facilitant ainsi la formation d'un gouvernement stable. Cependant, cette prime est plafonnée : la coalition gagnante ne pourra pas dépasser 220 sièges à la chambre basse ni 113 sièges au Sénat grâce à ce bonus. Ce mécanisme est conçu pour éviter les situations de blocage politique, fréquentes en Italie ces dernières années. Par exemple, avec 43 % des intentions de vote, la coalition de Meloni pourrait bénéficier de cette prime pour obtenir une majorité claire.

Candidat unique

Une autre innovation du Stabilicum est l'obligation pour tous les partis d'une coalition de désigner un candidat unique au poste de Premier ministre avant les élections. Auparavant, ce choix était souvent fait a posteriori, après les élections, en fonction des résultats obtenus par chaque parti ou via des négociations entre les forces politiques. Cette mesure vise à clarifier les responsabilités politiques et à éviter les accords postélectoraux fragiles. Giorgia Meloni et sa majorité défendent cette réforme comme un retour à la transparence et à la responsabilité politique, tandis que ses opposants y voient une tentative de verrouiller le système en faveur de la coalition au pouvoir.

Réactions politiques

La réforme a suscité des réactions contrastées. La majorité au pouvoir, menée par Giorgia Meloni, y voit un outil pour renforcer la stabilité politique de l'Italie, dans un contexte européen marqué par des instabilités. Des médias de centre droit, comme Il Foglio, soulignent que cette loi pourrait simplifier le paysage politique et limiter la fragmentation, souvent propice aux mouvements populistes. En revanche, l'opposition, représentée par des titres comme La Repubblica, critique une réforme perçue comme un moyen pour la coalition au pouvoir de sécuriser sa position. Le journal souligne que même avec le plafond de sièges, la coalition gagnante pourrait obtenir suffisamment de voix pour influencer l'élection du président de la République, actuellement Sergio Mattarella, qui incarne l'unité nationale.

Ce que ça pourrait changer

Cette réforme s'inscrit dans un contexte politique italien marqué par une instabilité chronique, avec des gouvernements souvent fragiles et des alliances changeantes. L'Italie a connu de nombreuses modifications de sa loi électorale au fil des décennies, une pratique que certains médias qualifient de *vice* récurrent. La nouvelle loi, *Stabilicum*, est présentée comme une solution pour éviter les blocages, mais elle est aussi critiquée pour son caractère opportuniste. Giorgia Meloni, dont le parti Fratelli d'Italia est crédité de 43 % des intentions de vote, pourrait bénéficier directement de cette réforme lors des prochaines élections. Le processus législatif n'est pas encore terminé, mais si elle est adoptée, cette loi pourrait entrer en vigueur avant l'automne 2027, date prévue pour les prochaines élections.

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