Le travail, moins intense qu'il y a dix ans... mais pas pour les moins qualifiés, selon une enquête de la Dares
Le travail est dans l'ensemble moins intense qu'il y a dix ans, mais pas pour les employés les moins qualifiés, toujours en souffrance. Le point sur cette enquête de la Dares, le département statistiques du ministère du Travail..
Une enquête récente menée par la Dares (Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques), un service du ministère du Travail français, révèle que l'intensité du travail a globalement diminué en France sur les dix dernières années. Cette étude, basée sur les réponses de 25 000 salariés interrogés en 2025, compare les données à celles recueillies en 2016. Elle met en lumière une baisse inédite de la pénibilité au travail, mesurée à travers des indicateurs comme la charge mentale, le rythme imposé ou les contraintes physiques. Par exemple, le nombre de salariés déclarant subir un stress intense ou des horaires prolongés a reculé. Cependant, cette amélioration ne concerne pas uniformément tous les profils professionnels.
L'enquête souligne une disparité marquée entre les travailleurs selon leur niveau de qualification. Les employés les moins qualifiés, comme les ouvriers ou les employés de services, continuent de subir une intensité de travail élevée, voire en augmentation pour certains. À l'inverse, les cadres et professions intermédiaires bénéficient davantage des améliorations observées. Par exemple, les aides-soignantes, les caissières ou les agents d'entretien restent exposés à des rythmes soutenus, des horaires décalés ou des tâches répétitives, souvent sans possibilité de pause. Cette situation reflète des inégalités structurelles dans l'organisation du travail, où les métiers essentiels mais peu valorisés sont souvent ceux qui subissent le plus de pression.
La Dares évalue l'intensité du travail à travers plusieurs critères, dont les risques psycho-sociaux (RPS). Ces risques désignent l'ensemble des facteurs liés à l'organisation du travail, aux relations professionnelles ou à l'environnement de travail qui peuvent affecter la santé mentale ou physique des salariés. Ils incluent le stress, le harcèlement, l'isolement ou encore l'absence de reconnaissance. L'enquête montre que, malgré une baisse globale des RPS, certains secteurs comme la santé, le commerce ou la logistique restent particulièrement touchés. Par exemple, les métiers de la santé, déjà sous tension avant la crise sanitaire, voient persister des niveaux élevés de charge mentale et de fatigue.
Cette étude intervient dans un contexte où le marché du travail français est marqué par des transformations profondes, comme l'automatisation, la digitalisation ou l'évolution des attentes des salariés. Les résultats pourraient influencer les politiques publiques en matière de conditions de travail, notamment pour les métiers les plus exposés. Cependant, les auteurs de l'enquête soulignent que les inégalités persistantes entre qualifications pourraient s'aggraver si des mesures ciblées ne sont pas mises en place. Par exemple, des formations ou des aménagements d'horaires pourraient être proposés pour réduire la pénibilité dans les secteurs concernés.

