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Géopolitique

L’immortelle, la plante qui pourrait aider à contenir la pollution des anciens sites miniers de Sardaigne

Courrier International · mis à jour il y a 25 j

À Ingurtosu, en Sardaigne, des chercheurs exploitent les propriétés de bactéries pour favoriser la croissance de l’hélichryse. Plus connue sous le nom d’“immortelle”, cette plante pourrait recouvrir la roche laissée à nu par l’extraction minière d’autrefois, et ainsi limiter la dispersion des métaux lourds qui demeurent dans l’environnement..

Ancien site minier

L’article évoque l’ancien site minier d’Ingurtosu, situé sur la côte ouest de la Sardaigne, en Italie. Ce site fait partie du parc géominier, une zone marquée par des siècles d’exploitation minière. L’extraction de minerais comme la blende (minerai de zinc) et la galène (minerai de plomb) y a débuté au milieu du XIXe siècle et s’est achevée en 1968. Ces activités ont laissé des traces de pollution, notamment par des métaux lourds comme le plomb et le zinc, qui contaminent encore aujourd’hui les sols et les eaux de la région. Les vestiges de cette époque, comme des bâtiments abandonnés, des puits et des entrepôts, rappellent ce passé industriel. Pourtant, cette même région abrite aussi des paysages naturels préservés, comme les dunes de Piscinas et les eaux cristallines de la côte, attirant les visiteurs.

Pollution persistante

Les activités minières en Sardaigne ont généré une pollution durable des sols et des eaux par des métaux lourds, des substances toxiques pour les écosystèmes et la santé humaine. Le site d’Ingurtosu est l’un des plus contaminés de l’île, avec des concentrations élevées de plomb, de zinc et d’autres éléments nocifs. Ces polluants persistent dans l’environnement pendant des décennies, voire des siècles, car ils ne se dégradent pas naturellement. Leur présence pose un défi majeur pour la restauration des sites miniers, car les méthodes traditionnelles de dépollution, comme l’excavation ou le traitement chimique, sont souvent coûteuses, complexes et peu efficaces à long terme. C’est dans ce contexte qu’une solution innovante, utilisant une plante et des bactéries, est testée pour tenter de limiter la propagation de ces polluants.

L’immortelle, alliée inattendue

L’hélichryse, plus connue sous le nom d’immortelle, est une petite plante méditerranéenne qui pourrait jouer un rôle clé dans la dépollution des sites miniers. Des scientifiques testent actuellement une méthode combinant cette plante avec des bactéries pour contenir la pollution sur le site d’Ingurtosu. L’idée est que les bactéries favorisent la croissance de l’immortelle, dont les racines pourraient absorber une partie des métaux lourds présents dans le sol. Cette approche s’inscrit dans le domaine de la phytoremédiation, une technique qui utilise des végétaux pour dépolluer les sols ou les eaux. L’immortelle est particulièrement adaptée à ce projet en raison de sa résistance aux conditions difficiles et de sa capacité à pousser dans des environnements pollués. Les résultats de cette expérience, encore en cours, sont attendus avec intérêt pour évaluer son efficacité.

Ce que ça pourrait changer

Le projet mené en Sardaigne représente une lueur d’espoir pour les régions touchées par l’héritage minier. Si les résultats s’avèrent concluants, cette méthode pourrait offrir une solution plus durable et moins coûteuse que les techniques traditionnelles pour limiter la propagation des métaux lourds. Elle permettrait également de restaurer progressivement les écosystèmes locaux, en réduisant la toxicité des sols et en favorisant le retour de la végétation. Cependant, les scientifiques soulignent que les résultats sont encore préliminaires et que d’autres recherches seront nécessaires pour confirmer l’efficacité de cette approche à grande échelle. Ce projet illustre aussi la persévérance des acteurs locaux, qui cherchent à transformer les anciennes zones minières en espaces moins pollués et plus accueillants.

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