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Le Canada rejoint un programme international d’avions de chasse à titre d’observateur

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 15 j

Ce statut d’observateur n’engage pas le Canada à acheter des avions du programme..

Canada observateur du GCAP

Le Canada a obtenu le statut d’observateur dans le Global Combat Air Program (GCAP), un programme international mené par le Royaume-Uni, le Japon et l’Italie pour développer un avion de combat de sixième génération. Ce statut permet à Ottawa d’accéder à des informations internes sur le projet, sans obligation d’achat. Annoncée lors d’un salon aéronautique à Londres, cette participation a été saluée par les partenaires, notamment le ministre japonais de la Défense, Shinjiro Koizumi, qui y voit un renforcement de la coopération en matière de défense entre le Japon et le Canada. Le GCAP vise à remplacer les avions actuels comme les Eurofighter Typhoon (Royaume-Uni/Italie) et les F-2 japonais d’ici 2035. Aucun détail n’a été révélé sur les implications concrètes pour le Canada, mais cette étape est présentée comme une opportunité pour approfondir la compréhension des capacités aériennes futures et renforcer la collaboration industrielle.

Contexte des avions de combat

Le Canada hésite entre plusieurs options pour moderniser sa flotte aérienne. Depuis mars 2025, le gouvernement du premier ministre Mark Carney réexamine une commande de 88 avions de combat F-35 de cinquième génération, initialement prévue pour remplacer les anciens appareils. Cette décision fait suite à une guerre commerciale déclenchée par le président américain Donald Trump. Parallèlement, les États-Unis développent leur propre avion de combat de sixième génération, le F-47 (Boeing), estimé à 300 millions de dollars américains par appareil, soit un coût bien supérieur à celui des F-35. Le général David Allvin, chef d’état-major de l’armée de l’air américaine, a présenté ce projet, soulignant que les États-Unis pourraient ne pas exporter cette technologie en raison de son coût élevé, ce qui rendrait le GCAP potentiellement plus accessible pour des pays comme le Canada.

Avantages et incertitudes du GCAP

Le statut d’observateur au GCAP offre au Canada plusieurs avantages potentiels. Selon Daniel Norton (RAND Corporation), ce programme pourrait être moins coûteux que les alternatives américaines et offrir davantage d’opportunités pour l’industrie canadienne de participer à son développement et à sa production. De plus, cette participation pourrait servir de levier dans les négociations avec d’autres contractants, comme les États-Unis. Cependant, des experts comme Philippe Lagassé (École d’affaires internationales Norman Paterson) soulignent que le projet en est encore à ses débuts et que sa viabilité n’est pas encore claire. David Perry (Institut canadien des affaires mondiales) ajoute qu’il reste des questions sans réponse, notamment sur les frais d’adhésion ou les modalités d’implication du Canada. Malgré ces incertitudes, le statut d’observateur pourrait aider le gouvernement à clarifier sa réflexion sur une future participation plus active.

Tensions et alternatives pour le Canada

Le GCAP fait face à des tensions internes entre ses partenaires. Le Royaume-Uni a mis près d’un an à s’engager financièrement, tandis que le Japon pousse pour accélérer le rythme. Richard Shimooka (Institut Macdonald-Laurier) note que le Canada pourrait aussi envisager de rejoindre le projet américain F/A-XX, un avion de combat de sixième génération pour la marine, si les relations avec les États-Unis s’améliorent. Shimooka souligne que les industries canadiennes sont déjà bien alignées avec celles des États-Unis, ce qui faciliterait une telle participation. Cependant, le gouvernement canadien n’a pas encore pris de décision définitive sur sa stratégie future, laissant planer une incertitude sur son choix final entre le GCAP, les F-35 ou d’autres options.

Ce que ça pourrait changer

Le Canada n’a pas encore précisé quand il prendra une décision définitive sur sa flotte d’avions de combat. Le réexamen de la commande de 88 F-35, lancé en mars 2025, reste en suspens, sans date de fin connue. Le ministre canadien de la Défense, David McGuinty, a indiqué que le statut d’observateur au GCAP permettrait au pays de mieux évaluer ses options avant de s’engager davantage. Bien que cette participation ne change rien à court terme, elle pourrait influencer les négociations futures avec les États-Unis ou d’autres partenaires. Pour l’instant, le gouvernement continue de « tâter le terrain » tout en maintenant une posture prudente, comme le suggère David Perry, en attendant de clarifier les avantages et les risques des différents programmes disponibles.

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