Le Cap-Vert, plus brésilien des pays d’Afrique
UNE SEMAINE AU CAP-VERT 5/5 - À l’occasion de son parcours éclatant et inattendu à la Coupe du monde de l’été 2026, le Cap-Vert a gagné le cœur de millions de Brésiliens. Pour “Folha de São Paulo”, qui s’est rendu sur place, ce n’est guère surprenant : l’archipel pourrait être un archipel au large du Brésil plutôt que du Sénégal, tant les points communs sautent aux yeux..
Le Cap-Vert est un petit pays africain composé de dix îles situées dans l’océan Atlantique, au large du Sénégal. Avec une population totale d’environ 530 000 habitants, il est souvent comparé au Brésil en raison de ses fortes similitudes culturelles et historiques. La capitale, Praia, concentre près d’un tiers de cette population, soit environ 170 000 habitants. Ces îles, autrefois colonisées par le Portugal, ont été marquées par l’esclavage et un métissage important, ce qui explique en partie cette proximité avec le Brésil, autre ancienne colonie portugaise.
Le Cap-Vert a récemment gagné en visibilité internationale grâce à ses performances remarquées lors de la Coupe du monde de football en 2026. Cet exploit a particulièrement touché les Brésiliens, qui ont découvert avec surprise les nombreuses affinités entre les deux pays. Pour le quotidien brésilien Folha de São Paulo, cette proximité n’est pas une coïncidence : les deux nations partagent une histoire coloniale commune, une langue (le portugais) et une culture métissée, fruit de l’esclavage et des migrations.
La musique joue un rôle central dans la culture capverdienne, tout comme au Brésil. L’article cite notamment Cesária Évora, une chanteuse capverdienne mondialement connue pour son style de morna, une musique mélancolique typique des îles. Les Brésiliens reconnaissent dans cette tradition musicale des échos de leur propre patrimoine, comme la samba ou la bossa nova. Cette connexion se renforce par des collaborations artistiques, comme celle entre Cesária Évora et la Brésilienne Marisa Monte, deux artistes emblématiques de leur pays respectif.
Le portugais est la langue officielle du Cap-Vert, héritage de la colonisation portugaise. Cependant, la population locale parle également un créole portugais, appelé kriolu, qui reflète le métissage culturel du pays. Cette langue, parlée par la majorité des Cap-verdiens, est un mélange d’africain et de portugais, tout comme le portugnol ou le papiamento parlés dans d’autres régions lusophones ou créolophones. Cette diversité linguistique renforce le lien avec le Brésil, où le portugais est aussi la langue nationale.
Les îles du Cap-Vert attirent de plus en plus de touristes brésiliens, séduits par leurs paysages, leurs plages et leur ambiance détendue. L’article mentionne notamment l’île de Boa Vista, où se trouve la plage de Diante, un spot prisé pour ses paysages naturels. Les Brésiliens, habitués aux plages tropicales de leur pays, retrouvent au Cap-Vert une atmosphère similaire, avec en plus une culture locale chaleureuse et accueillante. Cette affinités touristiques s’ajoute aux liens culturels et historiques déjà existants.
Les médias brésiliens, comme le quotidien *Folha de São Paulo*, soulignent régulièrement les similitudes entre les deux pays. Les Cap-verdiens, de leur côté, sont souvent fans de *telenovelas* brésiliennes, ces feuilletons télévisés très populaires en Amérique latine. Cette fascination réciproque s’étend aussi à la musique, au football et même à l’architecture, où les styles coloniaux portugais se retrouvent des deux côtés de l’Atlantique. Ces échanges culturels renforcent l’idée d’une « fraternité » entre les deux nations.

