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La Guerre d’Espagne, une guerre civile européenne 6/11 : Les Brigades internationales : une lutte pour la liberté, la démocratie et la paix

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 25 j

Le 17 juillet 1936, l'Espagne bascule dans la guerre civile après le coup d'État du général Franco. Hommes et femmes venus du monde entier convergent alors vers la péninsule ibérique pour combattre le fascisme.

Contexte de la guerre

Le 17 juillet 1936, l'Espagne entre dans une guerre civile après un coup d'État mené par le général Franco. Ce conflit oppose les forces républicaines, soutenues par des groupes de gauche et des démocrates, aux nationalistes, dirigés par Franco et soutenus par des factions conservatrices, l'Église catholique et des puissances étrangères comme l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste. La guerre civile espagnole devient rapidement un symbole de la lutte entre démocratie et fascisme en Europe, attirant l'attention internationale. Les républicains, bien que divisés politiquement, bénéficient du soutien de volontaires étrangers, tandis que les nationalistes reçoivent l'aide matérielle et militaire des régimes autoritaires européens.

Naissance des Brigades

Face à la montée du fascisme en Europe, des hommes et des femmes originaires de 53 pays différents, soit plus de 35 000 volontaires, décident de rejoindre l'Espagne pour combattre aux côtés des républicains. Ces volontaires forment les Brigades internationales, des unités militaires composées de civils engagés dans une cause idéologique. Leur objectif est de défendre la République espagnole contre le coup d'État de Franco et de lutter contre la propagation du fascisme en Europe. Parmi eux se trouvent des militants politiques, des syndicalistes, des ouvriers et des intellectuels, unis par leur opposition aux régimes autoritaires. Leur engagement reflète une prise de conscience mondiale face à la menace fasciste, bien avant la Seconde Guerre mondiale.

Rôles des volontaires

Les volontaires des Brigades internationales occupent des fonctions variées, allant du combat armé à des rôles logistiques ou politiques. Adèle Ossart, par exemple, n'a pas 19 ans lorsqu'elle part en 1937 pour servir comme secrétaire bilingue à l'état-major des Brigades internationales. Son futur mari, Roger Ossart, combat quant à lui depuis novembre 1936 comme volontaire dans les forces républicaines. Henri Rol-Tanguy, futur membre dirigeant de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, rejoint les Brigades en février 1937 en tant que commissaire politique. Il participe activement aux combats, notamment lors de la grande offensive de l'Ebre. Lise Ricol, compagne d'Artur London, suit en Espagne dès octobre 1936 pour rejoindre André Marty, alors dirigeant des Brigades internationales.

Engagement idéologique

L'engagement des volontaires des Brigades internationales est avant tout idéologique. Beaucoup sont des militants communistes, socialistes ou anarchistes, convaincus que la lutte en Espagne est un front essentiel contre le fascisme. Leur motivation est double : défendre la démocratie espagnole, menacée par le coup d'État de Franco, et contribuer à la lutte antifasciste en Europe. Certains, comme Roger Ossart, s'engagent par conviction politique, tandis que d'autres, comme Adèle Ossart, rejoignent le mouvement par solidarité internationale. Leur participation s'inscrit dans une dynamique plus large de résistance face à la montée des régimes autoritaires en Europe, bien avant que la Seconde Guerre mondiale ne généralise ce combat.

Retrait des Brigades

Le 21 septembre 1938, le chef du gouvernement espagnol, Juan Negrín, annonce à la Société des Nations le retrait unilatéral des combattants étrangers des Brigades internationales. Cette décision, prise sous la pression des puissances étrangères et dans l'espoir d'un compromis avec les nationalistes, force les volontaires à quitter l'Espagne malgré leur volonté de poursuivre le combat. Leur départ est marqué par des adieux émouvants, comme le défilé d'octobre 1938 à Barcelone, où les volontaires marchent sur 2 kilomètres sous une pluie de fleurs, entourés de femmes en larmes. Lise London évoque la puissance de ce moment, soulignant la reconnaissance du peuple espagnol, notamment à travers les mots de La Pasionaria, figure emblématique de la République.

Ce que ça pourrait changer

Le départ des Brigades internationales laisse un sentiment d'inachevé parmi les volontaires. **Henri Rol-Tanguy** exprime cette émotion en évoquant un devoir non accompli, malgré la défaite imminente de la République. Les témoignages des anciens brigadistes, recueillis dans des archives comme celles de France Culture, révèlent une épopée humaine et politique marquée par l'idéalisme et la solidarité internationale. Leur engagement, bien que militairement vaincu, devient un symbole de la lutte antifasciste et de la résistance face à l'oppression. Les adieux de 1938 restent gravés dans la mémoire collective, illustrant à la fois la grandeur et la tragédie de cette période.

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