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Meta devra supprimer certaines fonctionnalités qu’elle juge addictives, exige l’UE

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 27 j

L'Union européenne demande, par exemple, la désactivation du défilement infini..

UE contre Meta

L’Union européenne (UE), composée de 27 pays, accuse Meta Platforms, la maison mère de Facebook et Instagram, d’avoir conçu ses plateformes de manière à rendre les utilisateurs dépendants. Cette accusation s’inscrit dans le cadre de la Législation sur les services numériques (DSA), une réglementation stricte entrée en vigueur pour encadrer les géants du numérique. Bruxelles reproche à Meta d’avoir enfreint cette loi en ne protégeant pas suffisamment la santé mentale et physique de ses utilisateurs, notamment des mineurs. L’UE exige que Meta désactive des fonctionnalités jugées addictives, comme le défilement infini ou la lecture automatique des vidéos, et que ces options ne soient plus activées par défaut. Une amende pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires mondial annuel de Meta pourrait être infligée si l’entreprise ne se conforme pas.

Fonctionnalités ciblées

Parmi les fonctionnalités visées par l’UE figurent le défilement infini, qui permet de faire défiler automatiquement le contenu sans effort, et la lecture automatique des vidéos, qui enchaîne les vidéos sans intervention de l’utilisateur. Ces mécanismes alimentent un comportement compulsif, où le cerveau passe en mode pilote automatique, réduisant la capacité à contrôler son temps d’écran. La Commission européenne souligne que les outils de contrôle parental proposés par Meta, comme la limitation du temps d’écran à 15 minutes ou le blocage nocturne, sont inefficaces : ils sont facilement contournés, ignorés ou trop complexes à utiliser pour les parents. Ces lacunes ont été identifiées lors d’une enquête ouverte en 2024.

Réponse de Meta

Meta a réagi en affirmant que les conclusions préliminaires de l’UE ne tenaient pas compte des mesures déjà mises en place pour protéger les adolescents. L’entreprise a lancé des comptes adolescents dotés de fonctionnalités comme le blocage nocturne de l’accès à Instagram ou la limitation du temps d’écran à 15 minutes, avec un contrôle parental renforcé. Meta se dit déterminé à collaborer avec la Commission européenne pour offrir des expériences en ligne sûres aux jeunes utilisateurs. Cependant, l’UE maintient ses exigences, estimant que ces mesures ne suffisent pas à réduire les risques pour la santé mentale des utilisateurs.

Enjeux pour la santé

L’UE met en avant les risques pour la santé physique et mentale des utilisateurs, en particulier des mineurs, liés à l’utilisation compulsive des réseaux sociaux. Les recommandations personnalisées et les notifications poussées (alertes envoyées par l’application) encouragent une utilisation prolongée, favorisant des habitudes malsaines. La Commission européenne souligne que les contrôles existants, bien que disponibles, ne permettent pas de réduire significativement le temps passé sur les plateformes. Elle propose donc des modifications supplémentaires, comme l’encouragement systématique des pauses ou la réduction de l’engagement dans les systèmes de recommandation de contenu.

Ce que ça pourrait changer

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large où l’UE cherche à responsabiliser les plateformes numériques. En 2024, Bruxelles avait déjà révélé que Meta ne empêchait pas les enfants de moins de 13 ans (âge minimum légal pour Facebook et Instagram) de s’inscrire, ni ne supprimait suffisamment les comptes de mineurs après leur création. Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de l’UE chargée de la souveraineté technologique, a réaffirmé l’importance de protéger les Européens. Meta dispose désormais d’un délai pour répondre aux accusations avant qu’une décision finale ne soit rendue. Si celle-ci est défavorable, l’entreprise pourrait écoper d’une amende pouvant atteindre 6 % de son chiffre d’affaires mondial annuel.

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