Cette entreprise a instauré la semaine de 4 jours : elle découvre qu’un employé en profitait pour cumuler deux emplois !
Une entreprise a décidé de mettre en place la semaine de quatre jours. Un employé en a un peu trop profité et s'est fait licencier..
L’entreprise Metrickal, spécialisée dans le recrutement à distance et basée à Barcelone, a testé une organisation du travail innovante : la semaine de quatre jours. Contrairement aux réductions de salaire souvent associées à cette pratique, Metrickal a choisi de maintenir le même nombre d’heures de travail hebdomadaires et le même salaire pour ses employés. L’objectif était double : préserver la productivité tout en améliorant le bien-être des salariés. Cette expérience s’inscrit dans un contexte où de plus en plus d’entreprises explorent des modèles de travail alternatifs pour attirer et fidéliser leurs talents.
Pour évaluer l’efficacité de cette nouvelle organisation, Metrickal a utilisé DeskTime, un logiciel de suivi de la productivité. Cet outil, déployé sur les ordinateurs des salariés en télétravail intégral, permet d’analyser le temps passé sur des tâches professionnelles. C’est ainsi que la direction a découvert qu’un employé, déjà sous surveillance pour une baisse de performance, consacrait plus de la moitié de ses journées à des activités sans lien avec Metrickal. Les données ont révélé qu’il travaillait en réalité pour une autre entreprise américaine, non déclarée à sa direction. Cette pratique, appelée double emploi ou emploi secondaire non autorisé, a été confirmée par les preuves collectées via le logiciel.
La découverte de ce double emploi a eu des répercussions sur l’entreprise. D’une part, la direction a dû licencier l’employé en question, car cette pratique enfreignait les règles de loyauté et de collaboration essentielles à l’équipe. D’autre part, la charge de travail de cet employé a été reportée sur ses collègues, entraînant des retards et une baisse d’implication. Cette situation a créé un climat de frustration et d’injustice au sein de l’équipe, mettant en lumière les limites de cette organisation du travail lorsqu’elle est mal utilisée.
Ce cas isolé illustre une tendance croissante dans le monde du travail : le cumul d’emplois. Selon une étude d’Infojobs, 15 % des employés occupent au moins deux emplois. Les raisons sont variées : pour 45 % d’entre eux, il s’agit d’une nécessité financière, tandis que 32 % cherchent à augmenter leurs revenus. Cette pratique, souvent appelée side hustle (ou job secondaire en français), est parfois encouragée par les entreprises comme un moyen de diversifier les compétences ou de générer des revenus complémentaires. Cependant, comme le montre l’exemple de Metrickal, elle peut aussi poser des problèmes éthiques et organisationnels.
Patrick Synge, cofondateur et directeur commercial de Metrickal, a réagi avec fermeté face à cette situation. Bien qu’il soit lui-même un défenseur du *side hustle* et en ait fait un outil de recrutement, il a considéré que cette pratique était incompatible avec les valeurs de loyauté et d’engagement envers l’entreprise. Pour lui, l’activité principale doit primer, surtout lorsque l’entreprise offre des avantages comme la semaine de quatre jours sans perte de salaire. Cette expérience lui a rappelé l’importance de la transparence et de la confiance dans les relations professionnelles.

