Les Premières Nations de la Colombie-Britannique exigent l’arrêt du projet d’oléoduc
Le fédéral pourrait qualifier cet oléoduc de projet d'intérêt national..
En Colombie-Britannique, un projet d’oléoduc visant à transporter du pétrole albertain vers la côte ouest du Canada suscite une forte opposition. Ce pipeline, appelé Trans Mountain, existe déjà, mais son extension est en discussion. Le nouveau tracé suivrait partiellement le même corridor que l’oléoduc actuel, mais aboutirait plus au sud, près de la ville de Delta. La construction de cette infrastructure est prévue pour commencer en 2027. Le projet est porté par le gouvernement fédéral canadien, dirigé par le premier ministre Mark Carney, et par le gouvernement de l’Alberta. Les autorités mettent en avant des arguments économiques, comme la création d’emplois et le renforcement des exportations pétrolières, pour justifier ce projet.
L’Union des chefs indiens de la Colombie-Britannique, qui représente plusieurs communautés autochtones de la province, a réaffirmé son opposition au projet lors de la Journée internationale des peuples autochtones. Ce groupe dénonce notamment l’impact environnemental de l’oléoduc, qu’il juge incompatible avec les objectifs de lutte contre les changements climatiques. Il critique également le manque de consultation réelle des Premières Nations par les gouvernements fédéral et albertain. Selon le groupe, les consultations menées jusqu’à présent ne sont qu’une formalité, car les décisions concernant le tracé et la mise en œuvre du projet auraient déjà été prises en amont, sans véritable dialogue. Cette absence de collaboration de bonne foi est un point central de leur contestation.
Le gouvernement canadien a récemment franchi une étape clé en déclarant le projet d’oléoduc d’intérêt national selon la Loi visant à bâtir le Canada. Cette désignation permet à Ottawa d’accélérer la réalisation du projet et de contourner certaines réglementations environnementales. Cette décision a été prise sans attendre la fin de la période de consultation publique, qui se termine à la mi-septembre 2026. Les Premières Nations et les défenseurs de l’environnement y voient une manœuvre pour imposer le projet malgré les oppositions, en limitant les recours juridiques et les évaluations d’impact. Cette approche soulève des questions sur le respect des droits autochtones et des normes environnementales.
L’extension de l’oléoduc est vivement critiquée pour son impact potentiel sur l’environnement. Les opposants craignent une augmentation des émissions de gaz à effet de serre, ce qui aggraverait le réchauffement climatique et les catastrophes naturelles, comme les feux de forêt ou les inondations, déjà fréquents en Colombie-Britannique. De plus, le tracé du pipeline traverse des territoires naturels et des zones sensibles sur le plan écologique. Les Premières Nations, dont les terres ancestrales seraient affectées, soulignent que ce projet menace leurs modes de vie et leurs droits coutumiers. Leur opposition s’inscrit dans une lutte plus large pour la protection des écosystèmes et la transition énergétique.
Jusqu’à la mi-septembre 2026, le gouvernement canadien recueille les avis du public sur la désignation du projet comme d’*intérêt national*. Cette consultation intervient alors que les feux de forêt ravagent actuellement la Colombie-Britannique, un contexte qui renforce les craintes liées aux risques environnementaux. Les Premières Nations et les organisations écologistes appellent à un rejet définitif du projet, tandis que les partisans mettent en avant les retombées économiques. Le débat oppose ainsi deux visions : celle d’un développement économique à court terme, et celle d’une préservation à long terme des ressources naturelles et des droits autochtones.

