Chute de pierres : le mont Blanc fragilisé par les fortes chaleurs et déjà trois alpinistes tués
Mortelle montagne. Jeudi 13 août, un aspirant guide a été tué par une chute de pierres pendant qu'il gravissait avec des clients l'Aiguille du Génépi, située au-dessus du refuge Albert 1 er dans le massif du Mont-Blanc, a précisé à l' AFP le peloton de gendarmerie en haute montagne ( PGHM ) de Chamonix, relaye Ici Pays d'Auvergne.
Le mont Blanc, plus haut sommet d'Europe occidentale avec 4 808 mètres d'altitude, subit actuellement une dégradation de sa structure rocheuse en raison des fortes chaleurs enregistrées cet été. Cette situation est particulièrement préoccupante car elle multiplie les risques de chutes de pierres, un phénomène naturel qui devient plus fréquent et plus dangereux avec le réchauffement climatique. Les températures élevées provoquent en effet la dilatation des roches et la fonte accélérée de la glace qui les maintient en place, fragilisant ainsi l'ensemble du massif. Les alpinistes et randonneurs qui empruntent les itinéraires traditionnels, comme la voie normale ou les arêtes, sont directement exposés à ces dangers accrus.
Depuis le début de l'été 2023, trois alpinistes ont perdu la vie sur le mont Blanc à cause de chutes de pierres, selon les informations rapportées par le média Reporterre. Ces accidents surviennent dans un contexte où les conditions météo deviennent de plus en plus imprévisibles et dangereuses. Les victimes étaient engagées dans des ascensions classiques, comme celle du Goûter, un itinéraire très prisé mais désormais considéré comme risqué en raison de l'instabilité des roches. Les secours en montagne, comme la Gendarmerie nationale ou le Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM), interviennent régulièrement pour porter assistance aux alpinistes en difficulté, mais ces interventions se complexifient avec l'aggravation des conditions.
Les scientifiques attribuent la dégradation du mont Blanc aux effets du réchauffement climatique, qui se manifeste par une hausse des températures moyennes en altitude. En 2023, plusieurs vagues de chaleur ont été enregistrées dans les Alpes, avec des températures dépassant parfois les 20 °C au sommet du mont Blanc, un phénomène exceptionnel. Cette hausse des températures accélère la fonte du permafrost (sol gelé en permanence) et la désagrégation des roches, augmentant ainsi le risque de chutes de pierres. Les climatologues soulignent que ces événements pourraient devenir plus fréquents et intenses dans les décennies à venir, rendant certaines zones du massif inaccessibles en été.
Parmi les itinéraires les plus touchés par les chutes de pierres sur le mont Blanc, la voie du Goûter est particulièrement concernée. Ce parcours, emprunté par des centaines d'alpinistes chaque année, traverse une zone où les éboulis sont fréquents et où les roches se détachent facilement sous l'effet de la chaleur. Les guides de haute montagne et les autorités locales, comme la Mairie de Saint-Gervais-les-Bains ou le Parc naturel régional de la chaîne des Alpes, commencent à adapter leurs conseils aux alpinistes. Certains itinéraires sont désormais déconseillés en période de forte chaleur, et des panneaux d'avertissement sont installés pour informer les randonneurs des dangers encourus.
Face à l'augmentation des risques, les autorités locales et les professionnels de la montagne mettent en place des mesures pour limiter les accidents. La *Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM)* et les *compagnies de guides* recommandent désormais aux alpinistes de privilégier les ascensions en début de saison, avant les vagues de chaleur, ou de choisir des itinéraires moins exposés. Des systèmes de surveillance, comme des capteurs de mouvement ou des caméras, sont également testés pour détecter les chutes de pierres en temps réel. Enfin, des campagnes de sensibilisation sont organisées pour rappeler aux alpinistes l'importance de bien s'équiper et de respecter les consignes de sécurité, notamment en évitant les zones instables.

