En Norvège, le souvenir douloureux des attaques d’Anders Breivik
Quinze ans après les deux attaques commises par le tueur néonazi, le pays scandinave a rendu hommage ce mercredi aux 77 personnes qui y ont perdu la vie, avec l’inauguration d’un mémorial et le début d’une exposition. Malgré ce travail de mémoire, la police constate l’influence croissante de l’extrême droite dans une partie de la jeunesse..
Le 22 juillet 2011, Anders Behring Breivik, un néonazi norvégien, commet deux attaques en Norvège. La première a lieu à Oslo, où une camionnette piégée explose près des ministères, faisant 8 morts et plusieurs blessés. La seconde se déroule sur l’île d’Utoya, où Breivik abat 69 jeunes membres de l’organisation de jeunesse du Parti travailliste, dont la majorité avait entre 14 et 18 ans. Ces attaques, perpétrées au nom d’une prétendue croisade contre le multiculturalisme, le marxisme culturel et l’islamisation de l’Europe occidentale, marquent le jour le plus meurtrier de l’histoire norvégienne depuis la Seconde Guerre mondiale, avec un bilan total de 77 morts. Breivik justifie ses actes par une idéologie extrémiste et xénophobe, ciblant notamment les politiques d’intégration et les valeurs progressistes de la société norvégienne.
Fifteen ans après les attentats, la Norvège commémore ces événements le 22 juillet 2026. Cette année marque une étape symbolique avec l’inauguration d’un monument dédié aux victimes et le lancement d’une exposition détaillée retraçant le déroulement des attaques. Pour la première fois, les commémorations incluent le quartier des ministères d’Oslo, gravement endommagé par l’explosion de 2011. Ce secteur, reconstruit et rouvert en avril 2026, devient ainsi un lieu de mémoire et de recueillement. Les discours officiels, comme celui de Gaute Skjervoe, président de l’organisation de jeunesse du Parti travailliste, soulignent l’engagement à ne jamais oublier les victimes, dont 69 membres de cette organisation avaient péri sur l’île d’Utoya.
Anders Behring Breivik, auteur des attentats, s’inscrit dans une mouvance extrémiste d’extrême droite. Ses motivations reposent sur une idéologie complexe mêlant nationalisme radical, rejet du multiculturalisme et théories du complot comme celle du marxisme culturel, une expression utilisée pour dénoncer une prétendue manipulation des sociétés occidentales par des élites progressistes. Breivik cible également l’islamisation de l’Europe occidentale, un thème récurrent dans les discours de certains groupes d’extrême droite, qui craignent une perte d’identité culturelle due à l’immigration. Ces concepts, bien que marginaux dans le débat public norvégien, ont servi de justification à ses actes violents, perçus comme une réponse à une menace imaginaire pesant sur la culture norvégienne.
Le monument commémoratif inauguré en 2026 à Oslo incarne la volonté de la Norvège de se souvenir des attentats de 2011. Situé dans le quartier des ministères, il s’intègre à un espace urbain reconstruit, symbolisant la résilience du pays face à la violence. Ce lieu de mémoire ne se limite pas à un hommage aux victimes, mais vise également à rappeler les valeurs de tolérance et de démocratie que Breivik cherchait à attaquer. L’exposition associée, intitulée Le jour le plus meurtrier, détaille les circonstances des attaques, offrant aux visiteurs un récit factuel et pédagogique. Ces initiatives s’inscrivent dans une démarche de transmission historique, visant à prévenir toute forme de révisionnisme ou de glorification des actes de Breivik.
Les attentats de 2011 ont profondément marqué la société norvégienne, révélant les failles de son système de sécurité et suscitant un débat national sur la radicalisation et la prévention de la violence politique. Quinze ans plus tard, la Norvège continue de commémorer ces événements pour maintenir la mémoire collective et renforcer la cohésion sociale. La reconstruction du quartier des ministères d’Oslo, symbole de la résilience du pays, illustre cette volonté de tourner la page tout en honorant les victimes. Les commémorations annuelles, désormais intégrées dans le calendrier national, rappellent également l’importance de lutter contre toutes les formes d’extrémisme, qu’elles soient d’inspiration politique, religieuse ou idéologique.

