Projet de TGV : « Nous allons de l’avant avec Alto », affirme Ottawa
Malgré de récentes critiques, le ministre fédéral des Transports vise un début de chantier en 2029..
Le gouvernement fédéral canadien, représenté par le ministre des Transports Steven MacKinnon, a réaffirmé le 10 août 2026 sa volonté de mener à bien le projet de train à grande vitesse (TGV) Alto, reliant Québec à Toronto. Ce projet, qualifié d'infrastructure essentielle pour l’avenir du pays, devrait voir le début des travaux en 2029, plus précisément sur le tronçon Montréal-Ottawa. Le ministre a précisé que des mesures législatives, comme la loi fédérale C-15, ont été mises en place pour accélérer les procédures, notamment en facilitant les expropriations nécessaires via des modifications de la Loi sur l’expropriation. Ces changements visent à réduire les délais administratifs et à concrétiser le projet dans les temps impartis.
Malgré l’engagement d’Ottawa, le projet Alto suscite des résistances. Onze députés du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario, principalement issus de l’est de la province, ont publiquement remis en question sa pertinence. De plus, le milieu agricole, représenté par l’Union des producteurs agricoles (UPA) en Mauricie, s’oppose fermement au projet, craignant des impacts sur les terres cultivables. La Ville d’Ottawa a également demandé plus de transparence concernant le tracé du corridor ferroviaire. Enfin, le gouvernement de l’Ontario, dirigé par Doug Ford, réexamine son soutien après le rejet par Ottawa du projet d’agrandissement de l’aéroport Billy Bishop à Toronto, où la province souhaitait autoriser l’atterrissage de jets.
Le ministre MacKinnon a justifié la poursuite du projet par plusieurs arguments. D’abord, il souligne que le TGV Alto utilisera de l’acier canadien, ce qui pourrait diversifier les débouchés pour cette industrie et stimuler l’économie locale. Ensuite, il insiste sur la nécessité de renforcer les transports interprovinciaux, comme en témoigne un investissement fédéral annoncé simultanément pour réduire les coûts de transport de l’acier entre Hamilton et d’autres régions. Enfin, il rappelle que des discussions régulières sont menées avec les acteurs locaux, les municipalités, les agriculteurs et les gouvernements provinciaux pour atténuer les tensions et intégrer leurs préoccupations dans le projet.
Pour concrétiser le TGV Alto, le gouvernement fédéral a adopté la Loi sur le réseau ferroviaire à grande vitesse, qui complète la loi C-15. Cette législation introduit des mesures spécifiques pour faciliter les expropriations, un processus souvent long et complexe pour les grands projets d’infrastructure. Ces changements permettent notamment d’accélérer les décisions en cas de désaccord sur les terrains nécessaires à la construction de la voie ferrée. Le ministre a précisé que ces outils juridiques visent à garantir le respect des délais, tout en assurant une compensation équitable aux propriétaires expropriés.
Le calendrier du projet Alto est désormais plus précis. Les travaux préparatoires devraient commencer en 2029 sur le tronçon Montréal-Ottawa, une étape clé avant l’extension vers Toronto et Québec. Le ministre a indiqué que les citoyens pourront suivre l’avancement du chantier grâce à des annonces officielles, précisant ainsi la date de *mise de la pelle dans la terre*, une expression courante pour désigner le début des travaux. Cette transparence s’inscrit dans une volonté de rassurer la population et les parties prenantes sur la concrétisation du projet, malgré les oppositions persistantes.

