“Naza”, la banalité collatérale du mal
Le documentaire *Naza*, réalisé par Yuval Abraham et Rachel Szor, deux cinéastes israéliens, a été primé à la Mostra de Venise en 2026. Il aborde les assassinats ciblés menés par l’armée israélienne dans la bande de Gaza après les attaques du 7 octobre 2023. Le film suscite une vive polémique en Israël, au point que le ministre de la Culture, Miki Zohar, a annoncé en septembre 2026 vouloir retirer la nationalité israélienne aux réalisateurs, qui vivent désormais à l’étranger. La projection de presse du film a imposé des mesures de sécurité exceptionnelles : les spectateurs devaient déposer téléphones et ordinateurs à l’entrée pour éviter que des informations ne soient transmises aux services de renseignement israéliens. En France, le documentaire a attiré 82 000 spectateurs sur deux jours de diffusion en salles, les 12 et 13 octobre 2026.
Le documentaire Naza, réalisé par Yuval Abraham et Rachel Szor, deux cinéastes israéliens, a été primé à la Mostra de Venise en 2026. Il aborde les assassinats ciblés menés par l’armée israélienne dans la bande de Gaza après les attaques du 7 octobre 2023. Le film suscite une vive polémique en Israël, au point que le ministre de la Culture, Miki Zohar, a annoncé en septembre 2026 vouloir retirer la nationalité israélienne aux réalisateurs, qui vivent désormais à l’étranger. La projection de presse du film a imposé des mesures de sécurité exceptionnelles : les spectateurs devaient déposer téléphones et ordinateurs à l’entrée pour éviter que des informations ne soient transmises aux services de renseignement israéliens. En France, le documentaire a attiré 82 000 spectateurs sur deux jours de diffusion en salles, les 12 et 13 octobre 2026.
Les réalisateurs accusent l’armée israélienne d’avoir causé des dizaines de milliers de morts collatéraux, principalement des femmes et des enfants, en ciblant des membres supposés du Hamas. Selon le film, ces frappes seraient basées sur des listes établies avec l’aide de logiciels de surveillance utilisant l’intelligence artificielle (IA), avec une marge d’erreur estimée à 15 %. Ces accusations s’appuient sur des témoignages de 24 soldats et membres du renseignement israélien, recueillis entre 2023 et 2025 par des médias comme The Guardian, +972 Magazine et Local Call. Le documentaire interroge la responsabilité morale de l’armée, mais aussi de l’ensemble de la société israélienne, en exposant les mécanismes de décision derrière ces frappes.
Le film adopte un angle narratif inhabituel : il se déroule la nuit sur les toits de Tel-Aviv, où des citoyens israéliens vaquent à leurs occupations quotidiennes, regardant la télévision qui diffuse les informations sur les événements à Gaza. Le documentaire évite délibérément de montrer les images des victimes palestiniennes, se concentrant sur le point de vue des planificateurs des frappes aériennes. Cette approche vise à immerger le spectateur dans la perspective des soldats et des décideurs israéliens, en mettant en lumière leurs réflexions et leurs dilemmes éthiques. Le film se termine sur une scène poignante : un père palestinien cherchant sa fille parmi les décombres d’un immeuble détruit à Gaza.
Le documentaire révèle que les frappes israéliennes dans la bande de Gaza s’appuient en partie sur des logiciels de surveillance utilisant l’intelligence artificielle pour identifier des cibles. Ces outils, conçus pour repérer des membres du Hamas, présentent une marge d’erreur de 15 %, ce qui signifie que 15 % des personnes ciblées pourraient être des innocents. Cette technologie, combinée à des algorithmes de prédiction, aurait conduit à des erreurs massives, entraînant la mort de civils non impliqués dans le conflit. Le film interroge ainsi la fiabilité de ces outils et leur impact sur les populations civiles, soulignant que ces erreurs ne sont pas des accidents, mais des conséquences prévisibles d’un système automatisé.
Le documentaire a provoqué une réaction immédiate des autorités israéliennes. Dès septembre 2026, le ministre de la Culture, Miki Zohar, a annoncé son intention de lancer une procédure de déchéance de nationalité contre les réalisateurs, Yuval Abraham et Rachel Szor, qui vivent désormais hors d’Israël. Cette mesure s’inscrit dans un contexte de tensions accrues autour de la question palestinienne et de la liberté d’expression en Israël. Le film, bien que primé à Venise, reste inaccessible au grand public israélien en raison des restrictions imposées par les autorités. En France, il a connu un succès notable avec 82 000 spectateurs en deux jours, reflétant l’intérêt du public pour ce sujet sensible.

