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Généraliste

Coup d’œil sur les promesses d’un enjeu d’avant-dernière place

Le Devoir · mis à jour il y a 1 j

On a jusqu’ici assez peu parlé d’éducation dans cette campagne électorale..

Place de l'éducation

L’éducation occupe une place secondaire dans cette campagne électorale québécoise de 2026, classée 11e sur 12 enjeux selon la Vitrine démocratique du Centre d’analyse des politiques publiques (CAPP) de l’Université Laval. Les médias et les débats télévisés, comme l’émission Cinq chefs, une élection sur Radio-Canada, ont surtout mis en avant l’économie, les affaires étrangères et l’immigration. Pourtant, chaque parti politique a formulé des promesses en matière d’éducation, bien que celles-ci soient peu médiatisées. Les auteurs de l’article, Alexandre Fortier-Chouinard et Olivier Lemieux, soulignent que malgré cette faible visibilité, l’éducation reste un sujet complexe avec des enjeux majeurs comme la ségrégation scolaire ou la laïcité.

Ségrégation scolaire

L’enjeu de la ségrégation scolaire a été largement commenté, notamment sous l’expression école à trois vitesses. Cette expression désigne trois types d’écoles au Québec : le privé subventionné (payant mais partiellement financé par l’État), les projets pédagogiques particuliers dans le public (comme les programmes d’éducation internationale ou les arts-études), et l’école publique ordinaire. Ces différences créent des inégalités d’accès aux études collégiales et universitaires. La première ministre sortante, Christine Fréchette (CAQ), nie l’existence de cette ségrégation, tandis que les autres partis proposent des solutions variées. Québec solidaire (QS) s’appuie sur le plan École ensemble (2022) pour créer un réseau scolaire commun où les écoles privées perdraient leur droit de sélectionner leurs élèves et leurs frais de scolarité pour conserver leur financement public. Le Parti conservateur du Québec (PCQ) propose à l’inverse un système encore plus fragmenté, avec un financement direct des écoles publiques et la création de nouvelles écoles privées subventionnées.

Réformes pédagogiques

Les partis politiques proposent peu de réformes pédagogiques, mais quelques engagements émergent. Plusieurs partis (PQ, PLQ, QS et implicitement le PCQ) veulent supprimer le parcours régulier au primaire et au secondaire, en inscrivant tous les élèves dans un programme particulier. Cependant, aucun parti n’a détaillé comment mettre en œuvre cette mesure. Concernant le bien-être des élèves, le PQ et le PCQ veulent augmenter le nombre d’heures d’éducation physique pour lutter contre la sédentarité. Québec solidaire (QS) propose une taxe de 1% sur la fortune des 4 000 Québécois les plus riches pour financer la rénovation et la construction des écoles publiques, dont l’état est jugé préoccupant. La Coalition avenir Québec (CAQ) s’engage aussi à investir dans les infrastructures scolaires. Pour améliorer la réussite scolaire, le Parti libéral du Québec (PLQ) et QS veulent embaucher respectivement 1 000 et 2 000 professionnels supplémentaires dans le réseau de l’éducation. Pourtant, tous les partis (sauf QS) prévoient supprimer des milliers de postes dans la fonction publique, ce qui pourrait réduire les moyens alloués à l’éducation.

Inclusion et laïcité

L’inclusion des élèves à besoins particuliers et la laïcité sont des sujets sensibles. Le Parti conservateur du Québec (PCQ) propose de mettre fin à l’inclusion scolaire, en retirant les élèves à besoins particuliers des classes ordinaires pour faciliter la gestion des classes et alléger la charge administrative des enseignants. La Coalition avenir Québec (CAQ) a déjà adopté deux lois sur la laïcité : la loi 21, qui interdit le port de signes religieux ostensibles pour certains employés de l’État (dont les enseignants du privé) et interdit le port d’habits couvrant le visage pour les élèves, et la loi 101, qui encadre l’usage de la langue française. Le Parti québécois (PQ) veut étendre la loi 101 au cégep et ajouter les enfants des immigrants temporaires présents depuis plus de 12 mois. Il propose aussi d’interdire le port de signes religieux ostensibles pour les élèves du primaire. Le Parti libéral du Québec (PLQ) et Québec solidaire (QS) s’opposent à la loi 21 et veulent supprimer la disposition de dérogation, qui permet de contourner certaines parties de la loi pour des raisons constitutionnelles.

Ce que ça pourrait changer

Plusieurs partis (PQ, PLQ, QS) proposent de tenir des **états généraux** ou une *commission Parent 2.0* pour consulter les acteurs du milieu éducatif sur les enjeux du système scolaire, comme la ségrégation scolaire. Ces consultations permettraient de discuter des solutions, mais pourraient aussi reporter certaines décisions. Un enjeu peu abordé est la **santé mentale** des élèves et du personnel scolaire, la pénurie de personnel qualifié ou encore la réduction de l’autonomie des enseignants par la CAQ. Concernant l’**enseignement supérieur** (cégeps et universités), la CAQ propose de verser **1 000 dollars** dans les régimes enregistrés d’épargne-études des nouveau-nés à l’automne 2027. Le Parti libéral du Québec (PLQ) veut simplifier l’accès à l’aide financière aux études pour les étudiants aux cycles supérieurs et rémunérer certains stages non payés. Québec solidaire (QS) va plus loin en proposant de rémunérer tous les stages. Le PLQ est le seul parti à aborder ouvertement le coût des études supérieures, un sujet sensible depuis le printemps étudiant de 2012 et la hausse des droits de scolarité sous le gouvernement Charest.

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