NapseflowNapseflow
Géopolitique

Pour faire le plein d’essence en Russie, suivez Poutine !

Courrier International · mis à jour il y a 9 j

De Novossibirsk à l’île de Sakhaline, le président russe a récemment multiplié les déplacements dans le pays. Cette tournée intervient à quelques semaines des élections législatives, dans un contexte marqué par des attaques ukrainiennes contre les raffineries et des pénuries d’essence.

Crise de l'essence en Russie

En août 2026, la Russie fait face à une pénurie d'essence et de diesel, aggravée par des attaques ukrainiennes contre des raffineries russes. Cette situation survient à quelques semaines des élections législatives russes, un contexte politique sensible où les autorités cherchent à éviter toute crise sociale. Les prix du carburant, notamment du diesel et des essences 92 et 95, ont fortement augmenté, créant des tensions dans un pays où le transport et l'industrie dépendent largement de ces ressources. Les stations-service sont parfois contraintes de limiter les ventes ou de fermer temporairement, tandis que les files d'attente s'allongent pour faire le plein.

Visites de Poutine en Sibérie

Pour répondre à cette crise, le président russe Vladimir Poutine a effectué une tournée dans plusieurs villes sibériennes, dont Irkoutsk et Krasnoïarsk, ainsi qu'à l'île de Sakhaline. Ces déplacements, présentés comme des visites officielles pour inspecter des infrastructures (comme une usine aéronautique à Irkoutsk), coïncident systématiquement avec des baisses de prix du carburant dans les régions visitées. Par exemple, deux jours avant la visite de Poutine à Irkoutsk fin juillet 2026, les prix du diesel et des essences ont chuté d'environ 12 roubles (soit environ 0,12 €) par litre. Ces baisses sont perçues comme des mesures temporaires destinées à donner une image de contrôle de la situation par le pouvoir.

Villes Potemkine modernes

L'article évoque une comparaison ironique avec les villages Potemkine, des constructions éphémères en bois recouvertes de façades peintes, utilisées au XVIIIe siècle par le gouverneur russe Grigori Potemkine pour impressionner l'impératrice Catherine II lors de ses voyages. Aujourd'hui, cette métaphore s'applique aux villes Potemkine modernes : des villes ou régions où les autorités organisent des mises en scène pour masquer des problèmes structurels. Ici, les baisses de prix du carburant avant les visites de Poutine illustrent une stratégie de communication politique, où l'apparence de prospérité prime sur les solutions durables. Le dessin de Tiounine dans Kommersant souligne cette ironie en montrant un président russe suivi par des stations-service aux prix soudainement attractifs.

Ce que ça pourrait changer

L'article est une traduction d'un billet publié par *Novaïa Gazeta*, un journal russe indépendant fondé en 1993 et connu pour son journalisme critique envers le pouvoir. Soutenu initialement par Mikhaïl Gorbatchev, le titre a perdu six journalistes assassinés depuis sa création, dont Anna Politkovskaïa en 2006. En 2021, son rédacteur en chef Dmitri Mouratov a reçu le prix Nobel de la paix. Depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022, *Novaïa Gazeta* a été privé de sa licence de diffusion papier et ne peut plus tirer qu'à moins de 1 000 exemplaires. Malgré la censure et les pressions, le journal continue de publier en ligne, acceptant les contraintes pour maintenir une voix critique à l'intérieur de la Russie.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.