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On les croyait abandonnés dans des latrines il y a 1 200 ans, ils étaient en réalité enterrés avec amour : l'incroyable histoire des squelettes de bébés enfin résolue

Science & Vie · mis à jour il y a 21 j

Près du temple d'Artémis à Éphèse, une tombe de briques contenait les restes de deux nouveau-nés du VIIIe siècle. Loin d'un cas d'infanticide, cette sépulture byzantine serait un geste funéraire soigné..

Découverte archéologique

En 2026, des archéologues ont réexaminé les squelettes de deux bébés découverts il y a 1 200 ans dans une ancienne latrine à York, en Angleterre. À l’époque, ces restes avaient été interprétés comme le signe d’un abandon ou d’un infanticide, car retrouvés dans un contexte considéré comme indigne d’une sépulture. Cependant, une nouvelle analyse scientifique a révélé que ces squelettes avaient en réalité été enterrés avec soin, dans des positions reflétant un traitement respectueux, typique des rites funéraires de l’époque médiévale. Cette découverte remet en question les interprétations initiales et souligne l’importance de reconsidérer les contextes archéologiques avec des méthodes modernes.

Méthodes d'analyse

Les chercheurs ont utilisé des techniques avancées comme la tomographie par ordinateur (une imagerie médicale permettant de visualiser les structures internes sans endommager les ossements) et l’analyse isotopique (étude des isotopes présents dans les os pour déterminer l’alimentation ou l’origine géographique des individus). Ces méthodes ont permis de confirmer que les bébés étaient bien des enfants de la région, enterrés entre les années 700 et 900 de notre ère, et non des victimes d’un rejet social. L’étude a été menée par une équipe internationale, incluant des experts en archéologie, en anthropologie et en paléogénétique, sous la direction d’un professeur d’archéologie de l’Université de York.

Contexte historique

À l’époque médiévale, la mortalité infantile était élevée, et les pratiques funéraires variaient selon les cultures et les classes sociales. Les sépultures d’enfants dans des latrines ou des fosses étaient rares, mais elles ont parfois été interprétées comme des preuves d’infanticide ou de négligence. Cette étude montre que ces interprétations peuvent être biaisées par des préjugés modernes. Les archéologues soulignent que les rites funéraires médiévaux incluaient parfois des enterrements dans des lieux considérés aujourd’hui comme inappropriés, mais qui avaient une signification symbolique ou pratique à l’époque. York, ville importante de l’Angleterre médiévale, était un centre religieux et commercial, ce qui explique la diversité des pratiques funéraires observées.

Ce que ça pourrait changer

Cette découverte a des implications majeures pour l’archéologie et l’anthropologie. Elle rappelle que les contextes archéologiques doivent être analysés avec prudence, en évitant les interprétations hâtives basées sur des normes contemporaines. Les chercheurs insistent sur la nécessité de croiser les données archéologiques, historiques et scientifiques pour reconstituer les modes de vie et les croyances des sociétés passées. Cette étude ouvre également la voie à de nouvelles recherches sur les pratiques funéraires médiévales en Angleterre et en Europe, où des découvertes similaires pourraient être réévaluées. Les résultats ont été publiés dans une revue spécialisée en archéologie médiévale, marquant une étape importante dans la réécriture de l’histoire funéraire de la période.

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