«Strobus / Banksiana»: l’éveil et le réveil écologique de Duu
Une œuvre riche et bienveillante autour des pins blanc et gris, déclinée en double album, en livre et en documentaire..
Étienne Dupré, connu sous le pseudonyme Duu, est un musicien québécois qui allie deux passions : la musique et la flore locale. Après avoir accompagné des artistes comme Klô Pelgag et Philippe Brach, ainsi que fait partie du groupe zouz, il se lance en solo. Son premier album, Arboretum (2022), rendait déjà hommage à la flore laurentienne. Avec son deuxième album, Strobus/Banksiana, il approfondit cette démarche en mettant en avant deux espèces d’arbres emblématiques du Québec : le pin blanc (Pinus strobus L.) et le pin gris (Pinus banksiana). L’objectif est double : célébrer ces arbres tout en sensibilisant le public à l’importance de la préservation de la nature et de soi-même. L’album est conçu comme une œuvre hybride, combinant musique, livre et documentaire pour amplifier son message écologique.
Le pin blanc et le pin gris, bien que de la même famille, symbolisent deux approches différentes de la résilience écologique. Le pin blanc, présent dans la cour familiale d’Étienne Dupré à Saint-Pie-de-Bagot pendant son enfance, représente son éveil écologique : un arbre majestueux et bienveillant, souvent associé à des souvenirs d’observation et de découverte. Le pin gris, rencontré plus tard lors d’une tournée à Tadoussac, incarne quant à lui son réveil écologique. Cet arbre, résistant et adapté aux conditions extrêmes, ne libère ses graines que sous l’effet de la chaleur intense, comme un feu de forêt. Sa survie dépend parfois de sa propre destruction, illustrant une forme de résilience paradoxale. Ces deux arbres ont inspiré la structure de l’album, divisé en deux parties distinctes mais complémentaires : Strobus (le pin blanc) et Banksiana (le pin gris).
L’album Strobus/Banksiana reflète la diversité des influences musicales d’Étienne Dupré. La partie Strobus, dédiée au pin blanc, adopte un style plus doux et folk, avec des mélodies sensibles et apaisantes. À l’inverse, Banksiana, inspirée par le pin gris, explore des sonorités plus sombres et complexes, proches du rock ou du post-punk. Entre ces deux extrêmes, l’artiste a intégré des éléments weird (bizarres ou expérimentaux) dans Strobus et des touches d’humour et de rédemption dans Banksiana. Cette dualité reflète la nature même des deux arbres : l’un est ouvert et accueillant, l’autre résistant et austère. L’album compte seize morceaux au total, mêlant des genres comme le folk, le math rock (un sous-genre du rock progressif caractérisé par des rythmes complexes) et le field recording (enregistrements de sons naturels ou urbains intégrés à la musique).
Pour maximiser l’impact de son message écologique, Étienne Dupré a conçu Strobus/Banksiana comme une œuvre multimédia, incluant un album, un livre et un documentaire. Le livre, coécrit avec la photographe Camille Gladu-Drouin, rassemble des images des deux espèces d’arbres prises dans différentes régions du Québec (Estrie, Saguenay, Kamouraska) et des textes expliquant le processus créatif de l’artiste ainsi que des informations sur les pins. Le documentaire, quant à lui, donne la parole à Dupré pour partager sa passion et son engagement. L’artiste encourage le public à visionner ce film avant d’écouter l’album et de lire le livre, afin de consommer l’œuvre de manière lente et réfléchie. Cette approche hybride vise à toucher un public plus large et à créer un dialogue autour de l’écologie. L’œuvre sera disponible dans des disquaires et des librairies indépendantes, avec des dates de lancement prévues en 2026 et des concerts en 2027.
Le lancement officiel de *Strobus/Banksiana* aura lieu au café montréalais **Club Pays**, avec une prestation solo de Duu accompagnée d’une projection du documentaire et d’une conférence donnée par Gabriel Grenier, forestier et enseignant. Ce dernier est l’auteur de l’ouvrage *Forêts anciennes. L’expérience du fond des bois*, considéré comme l’un des meilleurs livres sur les forêts québécoises. L’événement illustre la vision d’Étienne Dupré : créer un espace de rencontre et de discussion autour de l’écologie. L’artiste souhaite que sa musique serve de catalyseur pour des échanges entre les participants, renforçant ainsi l’idée que la connaissance de la nature favorise son respect. Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large de consommation culturelle lente et engagée, où l’art et l’écologie se répondent mutuellement.

