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Géopolitique

La Chine engage la lutte contre la dépendance affective vis-à-vis de l’IA

Le Grand Continent · mis à jour il y a 22 j

À partir d’aujourd’hui, 15 juillet, de nouvelles réglementations visant à encadrer strictement les services de personnalisation des compagnons IA entrent en vigueur en Chine. L’article La Chine engage la lutte contre la dépendance affective vis-à-vis de l’IA est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Nouveaux règles en Chine

Depuis le 15 juillet 2026, la Chine applique de nouvelles réglementations strictes pour encadrer les services d’assistants personnels basés sur l’intelligence artificielle (IA) qui simulent des traits de personnalité humaine et interagissent émotionnellement avec les utilisateurs. Ces règles, publiées en avril 2026 par l’Administration du cyberespace de Chine, ont été élaborées en collaboration avec cinq autorités nationales, dont la Commission nationale du développement et de la réforme et le ministère de la Sécurité publique. Leur objectif principal est de protéger la sécurité nationale, l’intérêt public et les droits des citoyens. Il s’agit du premier cadre réglementaire au monde spécifiquement dédié à l’IA émotionnelle, une technologie en plein essor depuis 2023.

Interdictions pour les mineurs

Les nouvelles réglementations interdisent totalement aux entreprises de proposer des services de compagnons IA émotionnels aux mineurs. Pour les adultes, ces services sont strictement encadrés afin d’éviter toute dépendance affective malsaine. Les applications concernées, comme Xingye, Zhumeng Dao ou Duxiang, permettent aux utilisateurs d’interagir avec une IA pouvant générer des scénarios et des intrigues personnalisées, parfois jusqu’à créer une réalité parallèle. Pékin craint que ces interactions ne se substituent aux relations humaines réelles, avec des conséquences potentielles sur la démographie du pays à long terme. Les entreprises doivent désormais respecter des obligations de transparence et de vigilance renforcées.

Protection des données sensibles

Les nouvelles règles chinoises visent à protéger les données sensibles des utilisateurs. Les entreprises ne sont plus autorisées à utiliser les conversations privées des utilisateurs pour entraîner leurs modèles d’IA. Cette mesure répond à des craintes selon lesquelles ces données pourraient être exploitées de manière abusive, notamment pour améliorer des services futurs. Les autorités chinoises soulignent également les risques pour la vie privée et la santé mentale des utilisateurs, en particulier des mineurs. Les entreprises doivent désormais informer clairement les utilisateurs qu’ils interagissent avec une IA et non avec une personne réelle, et leur rappeler la durée de leur session après deux heures d’utilisation.

Surveillance et transparence

Les entreprises proposant des services de compagnons IA émotionnels doivent désormais surveiller activement les signes de dépendance, de détresse psychologique ou de comportements dangereux chez leurs utilisateurs. Elles sont également tenues de passer des examens de sécurité dès qu’elles atteignent un million d’utilisateurs enregistrés ou 100 000 utilisateurs actifs mensuels. Ces obligations s’ajoutent à des exigences de transparence accrues, comme l’affichage explicite du statut d’IA et la limitation des contenus susceptibles de provoquer de fortes réactions émotionnelles chez les mineurs. Ces mesures visent à prévenir les effets négatifs sur la santé mentale et à garantir la sécurité des utilisateurs.

Cas des personnes âgées

Les nouvelles réglementations chinoises ne mentionnent pas explicitement les IA conçues pour simuler des proches à destination des personnes âgées, bien que cette problématique ait été envisagée lors des travaux préparatoires. Pourtant, des associations professionnelles de robotique appellent déjà à des normes éthiques plus strictes pour encadrer les interactions physiques et émotionnelles avec les robots compagnons et humanoïdes, dont le marché est largement dominé par la Chine. En 2025, 87 % des unités de robots humanoïdes livrées dans le monde provenaient de Chine, reflétant l’importance de ce secteur dans l’économie du pays.

Ce que ça pourrait changer

En réponse à l’entrée en vigueur des nouvelles règles, certaines entreprises chinoises ont déjà commencé à retirer leurs services de compagnons IA émotionnels. Par exemple, les géants *ByteDance* et *Alibaba* ont annoncé la suspension de leurs offres dans ce domaine dès le 6 juillet 2026. Cette décision illustre l’impact immédiat des réglementations sur le marché, alors que les entreprises doivent adapter leurs modèles pour se conformer aux exigences légales. Ces ajustements pourraient ralentir l’innovation dans ce secteur, tout en renforçant la protection des utilisateurs contre les risques de dépendance et de violation de la vie privée.

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