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Pour éviter la paperasse, ces Japonais ne cherchent que des partenaires avec le même nom qu’eux

Presse-Citron · mis à jour 5 sept.

Au Japon, une loi vieille de 128 ans oblige les époux à porter le même nom de famille, poussant de nombreux célibataires à renoncer au mariage. Pour contourner cette contrainte administrative, certains ont trouvé une parade inédite : chercher un partenaire qui porte déjà leur propre patronyme..

Mariage et nom de famille

Au Japon, une loi vieille de 128 ans, datant de 1898, impose aux couples mariés de porter un seul nom de famille commun. Bien que le texte autorise théoriquement le choix entre les deux noms, la tradition veut que ce soit presque toujours la femme qui adopte celui de son époux. Cette obligation crée des contraintes administratives majeures, comme le changement de nom sur les papiers d'identité (permis de conduire, passeport, etc.), ce qui demande du temps et des démarches coûteuses. Pour éviter ces désagréments, certains Japonais optent pour une solution originale : se marier avec une personne portant le même nom qu'eux, ce qui leur permet de conserver leur patronyme sans modification.

Speed dating ciblé

Pour contourner cette règle, des événements de speed dating spécifiques ont été organisés à Tokyo et en ligne. Ces rencontres rassemblent exclusivement des célibataires partageant le même nom de famille. L'objectif est de faciliter les mariages sans imposer de changement de nom. Ces initiatives sont portées par une collaboration entre l'ONG Asuniwa et l'entreprise de rencontres IBJ. Elles visent à répondre à un besoin concret des Japonais, tout en mettant en lumière une loi perçue comme obsolète et discriminatoire par une partie de la population.

Frein au mariage

Cette obligation légale est devenue un véritable frein sociétal pour de nombreux Japonais. Selon une enquête gouvernementale menée en 2021, 32 % des femmes réticentes au mariage citent cette contrainte comme raison principale de leur refus, contre seulement 8,6 % des hommes. La pression sociale et administrative pousse ainsi des milliers de personnes à renoncer au mariage, malgré leur désir de s'engager. Une étude de l'université de Tohoku a même calculé que, sans réforme de la loi, l'ensemble de la population japonaise porterait le nom Sato d'ici à l'an 2531, illustrant l'absurdité de cette situation à long terme.

Crise démographique

Le Japon fait face à une chute historique de sa natalité, avec moins de 400 000 naissances par semestre depuis plusieurs années. Cette situation représente une urgence nationale pour le gouvernement, qui multiplie les initiatives pour encourager les naissances, comme la prise en charge des traitements de procréation médicalement assistée (PMA), l'augmentation des allocations familiales ou le lancement d'une application de rencontre publique à Tokyo. Dans ce contexte, la réforme de la loi sur le nom de famille pourrait contribuer à faciliter les unions et, par ricochet, à soutenir la natalité.

Ce que ça pourrait changer

Malgré une opinion publique de plus en plus favorable à la liberté de choix du nom au sein du couple (55 % des citoyens selon les sondages), le Parlement japonais n'a pas encore modifié la législation. L'ONG *Asuniwa* milite activement pour une réforme qui permettrait soit le double patronyme, soit la conservation du nom de naissance pour chaque membre du couple. Cette demande s'inscrit dans une volonté plus large de modernisation des lois familiales, afin de s'adapter aux évolutions sociétales et de répondre aux défis démographiques du pays.

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