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French Tech : 71 des 80 start-ups deeptech confient leurs emails à des Américains

Next.ink · mis à jour il y a 2 h

Les fournées de lauréats de la French Tech s’enchaînent et se ressemblent malheureusement sur la gestion de leurs emails : 71 startups sur 80 passent par des solutions étatsuniennes. Six sont chez des Français et une seule chez Proton.

French Tech 2030

Le gouvernement français a lancé en 2026 le programme French Tech 2030, qui sélectionne 80 start-ups spécialisées dans des technologies dites deeptech. Ces entreprises, considérées comme stratégiques pour l'économie et l'avenir du pays, évoluent dans huit secteurs clés : intelligence artificielle, spatial, quantique, cybersécurité, robotique, semi-conducteurs, santé, énergie et décarbonation. L'objectif affiché est de maîtriser les technologies essentielles et de produire en France des innovations majeures. Pourtant, malgré cette ambition, une dépendance majeure aux outils américains est constatée, notamment pour la gestion des emails.

Dépendance aux géants américains

Parmi les 80 start-ups sélectionnées, 71, soit 89 %, confient la gestion de leurs emails à des entreprises américaines, principalement Google et Microsoft. Cette dépendance soulève des questions sur la souveraineté numérique de la France, c'est-à-dire la capacité à contrôler ses propres infrastructures et données sans dépendre d'acteurs étrangers. Le gouvernement, conscient de ce risque, affirme sensibiliser ces start-ups aux enjeux de cybersécurité, de propriété intellectuelle et de souveraineté. Pourtant, la réalité montre que la majorité des emails transitent par des serveurs situés aux États-Unis, où les lois locales (comme le Cloud Act) peuvent permettre aux autorités américaines d'accéder à ces données.

Extensions de domaine

Sur les 80 start-ups, 79 possèdent un site web, mais seulement 8 utilisent une extension française (.fr), contre 48 qui optent pour l'extension .com, gérée par l'entreprise américaine Verisign. D'autres extensions sont également utilisées, comme .ai (10 sites) ou .io (4 sites). Certaines entreprises, comme Glimps, utilisent même l'extension .re (La Réunion) alors qu'elles sont basées en Bretagne. Trois start-ups utilisent un domaine .fr pour leurs emails malgré un site principal en .com ou .io, tandis que d'autres, comme One Biosciences, proposent les deux extensions pour leurs adresses électroniques.

Serveurs de messagerie dominés

L'analyse des serveurs de messagerie (enregistrements MX) révèle que 68 des 80 start-ups, soit 85 %, utilisent les services de Microsoft ou Google pour gérer leurs emails. Ces deux géants se partagent presque équitablement ces 68 entreprises. Les serveurs de messagerie sont les infrastructures qui permettent d'acheminer et de stocker les emails. Leur localisation, souvent aux États-Unis, pose des questions sur la protection des données et la confidentialité, surtout pour des entreprises développant des technologies stratégiques. Cette situation illustre une dépendance technologique majeure envers des acteurs étrangers.

Enjeux de souveraineté

La souveraineté numérique désigne la capacité d'un État ou d'une organisation à contrôler ses propres infrastructures et données sans dépendre de solutions étrangères. Dans le cas des start-ups deeptech, cette souveraineté est cruciale car elles développent des technologies sensibles, comme l'intelligence artificielle ou les semi-conducteurs. Pourtant, leur dépendance aux outils américains pour les emails expose leurs données à des risques juridiques et sécuritaires. Le gouvernement français, via la Mission French Tech, tente de sensibiliser ces entreprises à ces enjeux, mais la réalité montre que les solutions locales peinent à s'imposer face aux géants américains.

Ce que ça pourrait changer

Certaines start-ups présentent des incohérences dans la gestion de leurs emails. Par exemple, *U-Space* utilise un site en *.fr* (u-space.fr) mais une adresse email en *.com* (contact@u-space.com), bien que l'adresse correcte soit indiquée plus bas sur la page. Une autre entreprise, *One Biosciences*, propose deux extensions pour ses emails (*.com* et *.fr*), ce qui peut prêter à confusion. Ces erreurs, bien que mineures, reflètent un manque de rigueur dans la gestion des infrastructures numériques, un enjeu critique pour des entreprises censées être à la pointe de l'innovation.

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