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Environnement

À Montpellier, les étudiants en grève vont-ils avoir la peau du partenariat entre l’université et TotalEnergies ?

Vert.eco · mis à jour il y a 15 j

Adoptée le 11 juin, une convention de partenariat entre l’université héraultaise et la major pétrolière cristallise la colère d’étudiant·es et professeur·es. Alors que la faculté de sciences est bloquée depuis le 6 octobre, la direction de l’établissement a promis un nouveau vote début novembre.

Une occupation étudiante

Depuis le 6 octobre 2026, la faculté des sciences de l’université de Montpellier est occupée par des étudiant·es en grève. Ce mouvement de protestation, inédit dans cette institution, s’est installé dans le bâtiment 36, transformé en espace d’autogestion avec cantine solidaire, dortoirs, espaces de révision et de cours participatifs. Les occupant·es, comme Ratus, étudiante en biologie, soulignent les sacrifices personnels (fermeture de l’université empêchant des stages obligatoires) tout en insistant sur l’importance de leur combat contre un partenariat controversé avec TotalEnergies. L’occupation, initialement prévue pour une semaine, a été prolongée d’une semaine supplémentaire.

Un partenariat contesté

Le conflit repose sur un accord signé entre l’université de Montpellier et TotalEnergies Professeurs associés, une association liée à la multinationale TotalEnergies. Cet accord prévoit que TotalEnergies mette gratuitement à disposition des professeur·es pour assurer 62,5 heures d’équivalent travaux dirigés (TD) par an, en échange d’avantages pour l’entreprise. Parmi les clauses les plus critiquées, l’université s’engage à ne pas utiliser de marques ou logos pouvant nuire à l’image de TotalEnergies. De plus, l’accord qualifie TotalEnergies de «acteur majeur de la transition énergétique», une formulation jugée trompeuse par de nombreux scientifiques, d’autant que la firme a été condamnée le 25 octobre 2025 pour pratiques commerciales trompeuses par le tribunal administratif de Paris.

Des acteurs mobilisés

Plusieurs groupes au sein de l’université s’opposent à ce partenariat. Les étudiant·es en grève, comme Pierre, étudiant en licence SVSE, dénoncent le conflit d’intérêts entre les activités de TotalEnergies (extraction de pétrole et gaz) et les recherches menées sur les questions écologiques. Les correspondants transition écologique (CTE), un statut créé en 2024 pour promouvoir des pratiques durables, se sont mis en grève début septembre 2026, estimant que la convention remet en cause leurs missions. Des chercheur·ses, comme Matthieu Romagny, mathématicien et élu d’opposition, critiquent aussi la stratégie de l’entreprise, comparant ses méthodes à celles des «marchands du doute» des industries du tabac.

Un enjeu local et national

Le mouvement étudiant à Montpellier s’inscrit dans un contexte plus large de mobilisations écologiques. Les étudiant·es évoquent un «mouvement national» et citent les mobilisations lycéennes de septembre 2026 comme un déclencheur. L’université de Montpellier, classée première française et quatorzième mondiale en écologie selon le classement de Shanghai 2025, est particulièrement visée par ce partenariat. Les contestataires estiment que TotalEnergies cherche à influencer les recherches et l’enseignement en s’immisçant dans les cursus, notamment via des unités d’enseignement (UE) co-construites avec ses employé·es et l’évaluation des élèves.

Ce que ça pourrait changer

Le doyen de la faculté des sciences, Jean-Michel Marin, a initialement validé l’accord en juin 2026 après un vote à égalité (14 pour, 14 contre). Face à la pression des contestataires, il a rencontré une délégation étudiante le 19 octobre 2026 et promis de soumettre une nouvelle version du partenariat au vote lors du conseil de la faculté des sciences le 4 novembre 2026. Selon des sources concordantes, la mention polémique de TotalEnergies comme *«acteur majeur de la transition énergétique»* ne figurerait plus dans cette nouvelle mouture. Si le conseil rejette la nouvelle version, l’ancienne sera soumise à nouveau. En cas de double rejet, le partenariat serait probablement annulé. Les étudiant·es, bien que prudents, célèbrent cette première victoire.

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