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Droit

« J’aurais l’impression de vendre mon mandat » : au procès Dati, l’eurodéputée dilettante et son double inversé

Nouvel Obs : Procès · mis à jour 22 sept.

Le parlementaire allemand Daniel Freund, qui avait réalisé au milieu des années 2010 une pré-enquête sur les activités privées de l’ex-ministre à Bruxelles, est venu témoigner à la barre du tribunal correctionnel de Paris lundi. A l’époque, la maire du 7ᵉ arrondissement de la capitale lui avait caché ses mandats pour des grandes entreprises et avait expliqué qu’elle travaillait principalement sur des cas de violences conjugales et d’égalité hommes-femmes..

Procès Dati : contexte

Le 21 septembre 2026, Rachida Dati, ancienne ministre française et eurodéputée, est jugée au tribunal correctionnel de Paris pour des faits de corruption et de trafic d’influence dans l’affaire Renault. Cette affaire remonte à plusieurs années et implique des soupçons de conflits d’intérêts entre ses activités politiques et ses mandats privés. Le procès se déroule dans un contexte où les règles d’éthique et de transparence des élus sont particulièrement scrutées. Rachida Dati, maire du 7ᵉ arrondissement de Paris, est une figure politique connue pour son parcours controversé et ses positions parfois clivantes.

Témoignage clé : Daniel Freund

Daniel Freund, un député européen allemand, a témoigné lors du procès. En 2014, alors qu’il était collaborateur du déontologue du Parlement européen, Gerald Häfner, il avait participé à une pré-enquête sur les activités de Rachida Dati. Cette enquête avait été demandée par la présidence du Parlement européen en raison des interrogations sur les revenus parallèles de l’eurodéputée, notamment ses activités d’avocate très lucratives. Freund et Häfner avaient interrogé Dati sur ses mandats privés, mais celle-ci avait alors minimisé son rôle, affirmant se consacrer principalement à des dossiers comme les violences conjugales et l’égalité hommes-femmes.

Contradictions révélées

Les déclarations de Rachida Dati lors de cette enquête de 2014 sont aujourd’hui remises en cause. Freund a révélé qu’elle avait caché ses mandats pour de grandes entreprises, ce qui aurait dû être déclaré selon les règles du Parlement européen. À l’époque, elle avait justifié son absence de transparence en invoquant une priorité donnée à ses missions politiques. Cette contradiction entre ses paroles et ses actes est au cœur des débats du procès, où l’on questionne l’intégrité de son mandat d’eurodéputée. Le terme dilettante utilisé dans le titre de l’article suggère qu’elle aurait négligé ses fonctions officielles au profit d’intérêts privés.

Double discours de Dati

Le procès met en lumière un double inversé : Rachida Dati se présente comme une élue engagée pour des causes sociales, mais ses actions passées révèlent une réalité différente. Freund a décrit une scène où Dati, lors de leur rencontre en 2014, avait insisté sur son travail bénévole et militant, tout en omettant ses activités professionnelles rémunératrices. Cette dualité entre son image publique et ses actes privés est au cœur des accusations portées contre elle. Le terme double inversé souligne l’écart entre son discours et ses pratiques, créant une dissonance morale et éthique.

Ce que ça pourrait changer

L’affaire soulève des questions majeures sur l’éthique des élus et les règles de déontologie au Parlement européen. Les faits reprochés à Rachida Dati portent sur des manquements à la transparence et des conflits d’intérêts potentiels entre ses mandats publics et privés. Le Parlement européen impose aux eurodéputés de déclarer leurs activités extérieures pour éviter les abus de pouvoir. Les peines encourues pour corruption et trafic d’influence peuvent aller jusqu’à plusieurs années de prison et des amendes importantes. Ce procès illustre les tensions entre les obligations légales des élus et leurs ambitions personnelles.

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