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Culture

Comment les musées font-ils face aux crises de notre temps ?

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 28 j

Le Muséum national d’Histoire naturelle fête cette année ses 400 ans, tandis que le Musée du quai Branly - Jacques Chirac en célèbre 20. Deux anniversaires qui posent une même question : que peuvent encore les musées face aux crises du présent ?.

Musées et anniversaires

Le Muséum national d’Histoire naturelle célèbre cette année ses 400 ans, tandis que le Musée du quai Branly - Jacques Chirac fête ses 20 ans. Ces deux institutions, bien que d’âges très différents, partagent une même interrogation sur leur rôle face aux crises contemporaines. Le Muséum national d’Histoire naturelle, créé en 1635, est l’un des plus anciens musées au monde, tandis que le musée du quai Branly, inauguré en 2006, est spécialisé dans les arts et civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques. Ces anniversaires rappellent que les musées ne sont pas seulement des lieux de conservation ou d’exposition, mais aussi des acteurs engagés dans les débats de leur époque.

Crises environnementales

Le réchauffement climatique et l’effondrement de la biodiversité posent un défi majeur aux musées, notamment ceux qui conservent des spécimens naturels ou des collections liées à l’environnement. Le Muséum national d’Histoire naturelle, par exemple, abrite des millions de spécimens, dont certains sont menacés par la hausse des températures ou la dégradation des habitats. Ces institutions doivent adapter leurs méthodes de conservation pour préserver ces collections, tout en continuant à produire des connaissances scientifiques. Par exemple, le Muséum travaille sur des techniques de conservation adaptées aux écosystèmes en mutation, comme la cryoconservation ou la numérisation des spécimens.

Contraintes budgétaires

Les musées font face à des difficultés financières croissantes, qui limitent leurs capacités à mener des recherches, organiser des expositions ou maintenir leurs infrastructures. Ces contraintes budgétaires sont souvent liées à des politiques publiques restrictives ou à une baisse des financements privés. Par exemple, le Muséum national d’Histoire naturelle et le musée du quai Branly dépendent en grande partie de subventions de l’État français. Ces restrictions obligent les institutions à repenser leur modèle économique, en diversifiant leurs sources de revenus ou en collaborant davantage avec des partenaires privés ou internationaux.

Tensions géopolitiques

Les musées, en particulier ceux qui abritent des collections issues de l’histoire coloniale, sont confrontés à des tensions géopolitiques et à des revendications de restitution. Le musée du quai Branly, par exemple, conserve des milliers d’objets issus des anciennes colonies françaises, ce qui soulève des questions sur leur provenance et leur statut. Ces tensions compliquent les coopérations internationales et obligent les institutions à engager un dialogue avec les pays d’origine des collections. Par exemple, des restitutions d’objets ont déjà eu lieu, comme la remise de 26 œuvres au Bénin en 2021, sous l’impulsion du président français Emmanuel Macron.

Reconnaissance de l’histoire coloniale

L’histoire coloniale impose aux musées de repenser la manière dont ils présentent leurs collections et leur propre rôle dans cette histoire. Le musée du quai Branly, par exemple, a été critiqué pour la manière dont il a exposé des objets issus de cultures non-européennes, parfois de manière stéréotypée ou décontextualisée. Pour répondre à ces critiques, les musées doivent travailler avec des chercheurs, des communautés d’origine et des experts pour restituer une histoire plus nuancée et respectueuse. Cela implique de former les équipes, de réviser les expositions et de rendre accessibles des archives ou des documents souvent méconnus.

Ce que ça pourrait changer

Face à ces défis, les musées doivent trouver un équilibre entre leur mission traditionnelle de conservation et de transmission du savoir, et leur rôle dans la société contemporaine. Gilles Bloch, président du Muséum national d’Histoire naturelle, et Emmanuel Kasarhérou, président du musée du quai Branly, soulignent l’importance de repenser les méthodes de travail pour rester pertinents. Par exemple, le Muséum mise sur la science participative et l’éducation environnementale, tandis que le musée du quai Branly développe des partenariats avec des institutions locales pour co-construire des expositions. Ces adaptations visent à rendre les musées plus inclusifs et réactifs aux enjeux actuels.

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