Riposte des rebelles au Yémen après une attaque contre l’aéroport de Sanaa
Cet épisode, le plus grave entre les deux camps, menace la trêve négociée par l'ONU en 2022..
Le Yémen est plongé dans une guerre civile depuis plus d'une décennie, opposant les rebelles houthis, soutenus par l'Iran, au gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale et soutenu par l'Arabie saoudite. Cette guerre a causé des centaines de milliers de morts et plongé le pays dans une crise humanitaire parmi les plus graves au monde, selon l'ONU. Les Houthis contrôlent la capitale, Sanaa, et une partie du pays, tandis que le gouvernement, basé à Aden, est soutenu par une coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite. Une trêve avait été négociée par l'ONU en 2022, mais les tensions persistent, notamment en raison des rivalités régionales entre l'Arabie saoudite et l'Iran.
Lundi 13 juillet 2026, l'aéroport international de Sanaa, contrôlé par les Houthis, a été la cible d'une attaque. Le gouvernement yéménite, soutenu par l'Arabie saoudite, a affirmé avoir tiré sur l'aéroport pour empêcher l'atterrissage d'un avion iranien transportant une délégation houthie de retour de Téhéran, où elle avait assisté aux funérailles de l'ancien guide suprême iranien, Ali Khamenei. Le gouvernement a tenté sans succès de convaincre la délégation d'utiliser un avion de la compagnie nationale yéménite. Les Houthis, de leur côté, ont accusé l'Arabie saoudite d'être responsable de l'attaque et ont promis de riposter.
En réaction à l'attaque, les Houthis ont mené des frappes en direction de l'Arabie saoudite, ciblant notamment l'aéroport international d'Abha, dans le sud du pays. Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a accusé Riyad (la capitale saoudite) d'être à l'origine de l'attaque sur Sanaa et a mis en garde les compagnies aériennes contre tout survol de l'espace aérien saoudien. Les Houthis ont également affirmé que cette attaque marquait la fin de la phase de désescalade et du cessez-le-feu, signalant le début d'une nouvelle phase de guerre. Leur allié, l'Iran, a dénoncé une atteinte à l'intégrité territoriale du Yémen.
L'ONU s'est dite extrêmement préoccupée par l'escalade des tensions et a appelé à une désescalade immédiate. Hans Grundberg, l'envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen, a exprimé sa préoccupation et demandé aux deux camps de ne pas étendre l'affrontement. Le président du Conseil présidentiel yéménite, Rashad Al-Alimi, a également demandé à son camp de ne pas aggraver la situation. Par ailleurs, le ministère houthi des Affaires étrangères a déclaré que l'attaque de l'aéroport de Sanaa marquait la fin de la trêve de 2022, bien que le gouvernement yéménite ait tenté de minimiser l'incident.
Cette escalade survient dans un contexte de fortes tensions régionales, notamment après la reprise des hostilités entre les États-Unis et l'Iran. Les Houthis, soutenus par Téhéran, semblent défier l'autorité du gouvernement yéménite et de la coalition saoudienne en organisant des vols directs entre l'Iran et Sanaa, malgré le contrôle de l'espace aérien yéménite par la coalition. Début juillet 2026, les Houthis avaient déjà accusé l'Arabie saoudite d'avoir tenté d'attaquer un avion iranien atterrissant à Sanaa, avant de menacer de frapper des infrastructures stratégiques saoudiennes. Ces événements illustrent la complexité du conflit yéménite, où s'entremêlent rivalités locales et tensions géopolitiques.
La guerre au Yémen a déjà causé des centaines de milliers de morts et plongé le pays dans une crise humanitaire sans précédent. Les Nations unies qualifient cette situation de l'une des pires au monde, avec des millions de personnes dépendant de l'aide internationale pour survivre. Les affrontements récents risquent d'aggraver encore cette crise, en perturbant les rares efforts de reconstruction et en limitant l'accès à l'aide humanitaire. Les organisations comme le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) tentent de maintenir leurs opérations, mais les restrictions imposées par les différents belligérants compliquent leur travail, comme en témoigne l'incident impliquant un avion du CICR à Sanaa.

