Généralement jeté, ce matériau extrait des carapaces de crabes et de crevettes a été transformé en gel et utilisé avec succès dans une batterie zinc
Du chitosane tiré de carapaces de crustacés a servi d'électrolyte dans une batterie zinc expérimentale. L'anode a tenu plus de 1 000 cycles avec 99,7 % d'efficacité..
Les carapaces de crabes et de crevettes, souvent jetées après consommation, contiennent une substance appelée chitine. Ce polymère naturel, présent dans l’exosquelette des crustacés, est abondant mais sous-exploité. Des chercheurs ont réussi à extraire cette chitine pour la transformer en un gel conducteur. Ce gel a ensuite été intégré dans une batterie au zinc, un type de batterie rechargeable moins coûteux et plus sûr que les batteries lithium-ion. L’objectif était de créer une solution durable pour recycler ces déchets tout en améliorant les performances des batteries. Cette innovation s’inscrit dans une démarche d’économie circulaire, où les déchets deviennent des ressources.
La batterie zinc utilise du zinc comme anode (électrode négative) et un électrolyte à base du gel de chitine comme séparateur. Ce gel permet une meilleure conductivité ionique, ce qui améliore l’efficacité et la durée de vie de la batterie. Les tests ont montré que cette batterie pouvait fonctionner pendant plus de 1 000 cycles de charge-décharge sans perte significative de performance. En comparaison, les batteries lithium-ion classiques perdent environ 20 % de leur capacité après 500 cycles. Cette avancée est prometteuse pour les applications nécessitant des batteries stables et durables, comme les véhicules électriques ou les systèmes de stockage d’énergie renouvelable.
L’utilisation de la chitine issue des déchets de crustacés réduit la pollution liée à leur élimination. Chaque année, des millions de tonnes de carapaces sont jetées dans les décharges ou les océans, contribuant à la pollution des sols et des eaux. En transformant ces déchets en un matériau utile, cette innovation limite l’impact environnemental. De plus, la batterie zinc est plus sûre que les batteries lithium-ion, car elle ne présente pas de risque d’incendie ou d’explosion. Enfin, le zinc est un métal abondant et moins coûteux que le lithium, ce qui pourrait rendre les batteries plus accessibles économiquement.
Les chercheurs envisagent d’améliorer encore les performances de cette batterie en optimisant la composition du gel de chitine. Ils étudient également la possibilité d’utiliser d’autres types de déchets organiques pour créer des matériaux similaires. Cette innovation pourrait inspirer d’autres projets de recyclage des déchets en ressources utiles, notamment dans le domaine des énergies propres. Cependant, des défis restent à relever, comme la production à grande échelle du gel ou la stabilité du zinc à long terme. Les prochaines étapes incluent des tests supplémentaires pour valider la durabilité et l’efficacité de cette technologie dans des conditions réelles.

