L'Australie fait face à une flambée des cas de grippe aviaire, qui touche désormais certains mammifères
Depuis juin, les cas de grippe aviaire se multiplient en Australie, en particulier chez les oiseaux marins. Le virus s'est propagé rapidement, mettant à rude épreuve les capacités de réponse du gouvernement..
L'Australie est confrontée à une épidémie de grippe aviaire (virus H5N1) qui touche désormais sa faune sauvage. Le premier cas a été confirmé en juin 2026 chez un labbe brun, un oiseau marin. Depuis, plus de 300 foyers infectieux ont été recensés, entraînant la mort de milliers d'oiseaux. Le virus, initialement limité aux oiseaux, commence à affecter certains mammifères marins, comme des otaries. Cette propagation rapide inquiète les scientifiques, qui craignent une aggravation de la situation. En 2025, une précédente vague avait déjà touché 1 443 oiseaux sauvages dans 26 pays entre septembre et novembre, signalant une menace globale.
Plusieurs espèces d'oiseaux et de mammifères sont particulièrement vulnérables à cette épidémie. Parmi les oiseaux touchés figurent les sternes huppées, les goélands et les manchots, tandis que des mammifères comme le lion de mer australien ou l'otarie à long museau sont également concernés. L'Australie abrite une faune unique, souvent isolée géographiquement, ce qui limite son exposition à certains pathogènes. Sans immunité naturelle, ces espèces sont plus fragiles face au virus. En 2023, plus de 24 000 otaries d'Amérique du Sud étaient mortes du H5N1 en moins d'un an, illustrant la gravité de la situation.
À ce jour, aucun cas de grippe aviaire H5N1 n'a été détecté dans les exploitations agricoles australiennes, et le risque pour l'homme reste faible selon les autorités. Cependant, la situation est surveillée de près en raison de la capacité du virus à muter et à potentiellement s'adapter aux humains. Les scientifiques rappellent que le H5N1 circule depuis 2020 chez des mammifères comme des renards, des chats ou des bovins, ce qui augmente les risques de transmission inter-espèces. Bien que les cas humains restent rares, la vigilance est de mise pour éviter une propagation plus large.
Le gouvernement australien a lancé une campagne de vaccination ciblant certaines espèces d'oiseaux menacées. L'objectif est de limiter la propagation du virus et de protéger des populations fragiles. Cependant, cette approche présente des limites : il faut d'abord vérifier que le vaccin induit une réponse immunitaire efficace chez les oiseaux sauvages. Ariful Islam, épidémiologiste à l'université Charles Sturt, souligne que la vaccination n'est pas une solution miracle, car elle ne couvre pas l'ensemble des espèces et ne stoppe pas la transmission entre animaux sauvages.
Les autorités australiennes font face à un défi majeur : le virus se transmet principalement par les animaux sauvages, sur lesquels elles n'ont aucun contrôle. Jane Younger, écologiste à l'université de Tasmanie, explique que la propagation est difficile à enrayer, car elle dépend des déplacements naturels des espèces infectées. Aucun vaccin n'est actuellement autorisé pour les mammifères touchés, comme les otaries. Les experts estiment que la situation pourrait empirer, avec des mortalités massives chez les oiseaux et les mammifères, en l'absence de mesures plus efficaces.
Les scientifiques australiens expriment une inquiétude croissante face à la vitesse de propagation du virus. Euan Ritchie, professeur d'écologie à l'université Deakin, déclare que la situation est *angoissante* et que les autorités n'en sont qu'au début d'une crise qui pourrait s'aggraver. Le ministre de l'Environnement, Murray Watt, a confirmé que des mortalités massives d'oiseaux et de mammifères étaient à craindre. Ces déclarations soulignent l'urgence d'agir pour protéger la biodiversité australienne, unique au monde, avant que la situation ne devienne incontrôlable.

