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Environnement

« Ni ici, ni ailleurs » : une nouvelle bataille s'ouvre sur l'ex-zad de Notre-Dame-des-Landes

Reporterre · mis à jour il y a 20 j

Des parcelles de l'ex-zad de Notre-Dame-des-Landes sont ciblées par l'État pour servir de « terres de compensation écologique » pour permettre la construction d'un centre de rétention administrative à Nantes. La résistance s'organise.

Contexte historique

L’ex-zone à défendre (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes, située en Loire-Atlantique, est un territoire emblématique des luttes écologistes et anti-aéroportuaires en France. Ce projet de construction d’un aéroport international, lancé dans les années 1960, a donné lieu à une opposition massive dans les années 2000. Après des années de mobilisation, le projet a été abandonné en 2018 par le gouvernement d’Édouard Philippe, et la ZAD a été évacuée en 2019. Depuis, le site, qui s’étend sur environ 1 650 hectares, est géré par l’État français, mais son avenir reste incertain et fait l’objet de débats intenses entre différents acteurs.

Nouveaux enjeux fonciers

Depuis l’évacuation de la ZAD, l’État français a lancé un processus de remembrement (réorganisation des parcelles de terrain) pour redistribuer les terres entre les anciens occupants, les agriculteurs locaux et les collectivités. Ce processus, complexe et long, vise à clarifier la propriété des sols, mais il soulève des tensions. Certains anciens occupants de la ZAD, qui avaient squatté les terres ou y avaient développé des projets alternatifs, contestent les décisions administratives. Par exemple, en 2023, seulement 30 % des terres avaient été attribuées, laissant de nombreux acteurs dans l’incertitude sur leur avenir.

Rôle des collectivités

Les collectivités locales, notamment la région Pays de la Loire et le département de Loire-Atlantique, jouent un rôle central dans la gestion de l’ex-ZAD. Elles souhaitent développer des projets économiques et environnementaux sur ce territoire, comme la création de zones d’activités ou la préservation de zones humides. Cependant, leurs ambitions se heurtent à des résistances locales, notamment de la part d’anciens occupants de la ZAD qui réclament une reconnaissance de leurs projets alternatifs. En 2022, la région a alloué un budget de 5 millions d’euros pour financer des études et des aménagements, mais les résultats concrets restent limités.

Projets alternatifs en débat

Plusieurs projets alternatifs, portés par d’anciens occupants de la ZAD ou des associations, émergent pour donner une nouvelle vie au territoire. Parmi eux, on trouve des initiatives agricoles bio, des projets de logements écologiques ou des espaces dédiés à l’éducation à l’environnement. Ces projets, souvent inspirés par des valeurs écologistes et solidaires, rencontrent des difficultés pour obtenir des financements ou des autorisations administratives. Par exemple, en 2023, seulement 5 projets alternatifs avaient été officiellement reconnus par l’État, malgré des dizaines de demandes.

Tensions entre acteurs

Les relations entre les différents acteurs – État, collectivités, anciens occupants de la ZAD et agriculteurs locaux – sont marquées par des tensions persistantes. Certains anciens occupants accusent l’État de vouloir imposer une vision productiviste du territoire, tandis que les collectivités défendent la nécessité de développer des activités économiques pour justifier l’investissement public. En 2023, plusieurs manifestations et occupations symboliques ont eu lieu pour protester contre les décisions administratives, illustrant la difficulté à trouver un compromis acceptable pour tous.

Ce que ça pourrait changer

L’avenir de l’ex-ZAD reste incertain, mais plusieurs scénarios sont envisagés. L’État pourrait opter pour une gestion centralisée, en attribuant la majorité des terres à des projets agricoles ou industriels classiques. Une autre option serait de privilégier des projets alternatifs, en collaboration avec les anciens occupants de la ZAD, mais cela nécessiterait un changement de paradigme dans la gestion des territoires ruraux. Quelle que soit la solution retenue, le processus risque de prendre plusieurs années, dans un contexte où les attentes des différents acteurs sont souvent contradictoires.

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