Téhéran affirme que les États-Unis n’obtiendront « rien » avec leurs pressions économiques
Washington a présenté lundi un plan visant à « asphyxier économiquement » l'Iran..
Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré que les États-Unis ne tireraient aucun avantage de leurs nouvelles pressions économiques contre l’Iran. Selon lui, ces mesures, annoncées par le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent lundi, ne fonctionneront pas, comme ce fut le cas pendant les décennies de sanctions précédentes. Pezeshkian a réaffirmé que l’Iran privilégiait le dialogue pour résoudre les conflits, mais qu’il résisterait fermement à toute tentative d’asphyxie économique. Le terme asphyxie économique désigne ici une stratégie visant à étouffer l’économie d’un pays en limitant drastiquement ses échanges commerciaux, ses accès aux marchés internationaux ou ses transactions financières, souvent via des sanctions ciblées. L’Iran, déjà soumis à des sanctions lourdes depuis plusieurs décennies, affirme avoir développé des mécanismes de résistance à ces pressions.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a présenté un plan visant à asphyxier économiquement l’Iran en intensifiant les sanctions existantes et en menaçant les pays qui ne participeraient pas à cette campagne. Ce plan s’inscrit dans une stratégie plus large de pression économique, où les États-Unis utilisent leur influence financière pour isoler l’Iran sur la scène internationale. Les sanctions peuvent prendre la forme de restrictions sur les exportations de pétrole, des gels d’avoirs à l’étranger ou des interdictions de transactions avec des entreprises iraniennes. L’objectif est de réduire les revenus de l’Iran, notamment ceux tirés de ses exportations d’hydrocarbures, et de limiter sa capacité à financer ses activités militaires ou son économie. Les États-Unis espèrent ainsi affaiblir le régime iranien sans recourir à une intervention militaire directe.
Le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique située entre l’Iran et l’Oman, est au cœur des tensions actuelles. Avant la guerre, ce détroit permettait le passage d’environ 20 % des exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Depuis le début du conflit, l’Iran exige que les navires obtiennent une autorisation et paient des droits de passage pour traverser cette zone. Cette mesure a paralysé une partie du trafic maritime, perturbant les marchés énergétiques mondiaux. Le détroit d’Ormuz est un point de passage essentiel pour les exportations de pétrole du Golfe, notamment celles de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et du Koweït. Son blocage illustre la capacité de l’Iran à influencer les flux commerciaux internationaux, ce qui en fait un levier de négociation dans les discussions avec les États-Unis et leurs alliés.
L’armée iranienne a annoncé avoir reconstruit tous les systèmes d’armes endommagés pendant la guerre et importé de nouveaux équipements militaires. Selon le porte-parole de l’armée, Mohammad Akraminia, les systèmes de toutes les forces ont été restaurés, et des équipements supplémentaires ont été acquis grâce à l’industrie de défense locale ainsi qu’à des importations. Ces nouveaux systèmes, non précisés dans l’article, auraient renforcé les capacités de combat de l’Iran. Akraminia a également évoqué la légitimité d’une attaque préventive, fondée sur le droit international et la Charte des Nations unies, à condition qu’elle respecte les principes de proportionnalité et de nécessité. Cette déclaration s’inscrit dans un contexte où l’Iran affirme vouloir se protéger contre des menaces extérieures, tout en maintenant une posture de dissuasion face à ses adversaires, notamment les États-Unis et Israël.
Les négociations entre l’Iran et les États-Unis pour mettre fin à la guerre sont actuellement dans une phase d’impasse, principalement en raison de désaccords persistants, notamment sur le contrôle du détroit d’Ormuz. Bien qu’un cessez-le-feu ait été conclu en avril après **40 jours** de bombardements intenses, des attaques sporadiques continuent de se produire, principalement autour du détroit. Ces tensions réduisent les chances d’un accord de paix définitif à court terme. Le détroit d’Ormuz reste un point de friction majeur, car il symbolise à la fois la souveraineté iranienne et l’enjeu stratégique des exportations énergétiques mondiales. Tant que ce dossier ne sera pas résolu, les perspectives de paix durable resteront limitées.

