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Un dinosaure à plumes a été découvert en Chine, remettant en question nos théories sur l’évolution du vol chez les oiseaux et leurs ancêtres

Presse-Citron · mis à jour il y a 27 j

Une toute petite créature de 57 centimètres à peine vient d'être exhumée dans le nord-est de la Chine ; une découverte qui pourrait bien ramifier davantage l'arbre généalogique des animaux volants..

Découverte d'un dinosaure à plumes

En Chine, dans des strates du Crétacé inférieur (période géologique datant d’environ 145 à 100 millions d’années), des chercheurs ont découvert le fossile exceptionnellement bien préservé d’un petit dinosaure à plumes nommé Norellraptor barsboldi. Ce spécimen, mesurant environ 60 cm de long (taille d’un chat adulte), appartient au groupe des Paraves, une famille de théropodes incluant des dinosaures comme le Velociraptor et les oiseaux modernes. Ce fossile, étudié par Xuri Wang de l’Académie chinoise des sciences géologiques et son équipe, a été publié le 29 septembre dans la revue Nature Communications. Il s’ajoute à une série de découvertes majeures dans cette région, comme celle du Sinosauropteryx prima en 1996, premier dinosaure non-avien officiellement décrit avec des plumes.

Caractéristiques du fossile

Le Norellraptor barsboldi présente des rémiges, c’est-à-dire de grandes plumes rigides, sur ses membres antérieurs (ailes), ses membres postérieurs (pattes) et sa queue. Ces rémiges sont essentielles pour la portance (capacité à rester en l’air) et la propulsion (mouvement vers l’avant) chez les oiseaux modernes. En revanche, le reste de son corps est recouvert de plumes filiformes, sans fonction aérodynamique. Cette morphologie, similaire à celle d’un autre dinosaure découvert en 2003, le Microraptor gui, avait suggéré que ces animaux vivaient dans les arbres et planaient avant de développer un vol battu (vol actif avec battement d’ailes). Cependant, les chercheurs soulignent que cette ressemblance ne signifie pas qu’ils ont suivi le même chemin évolutif.

Évolution du vol chez les dinosaures

La question de l’origine du vol chez les oiseaux et leurs ancêtres reste un débat scientifique majeur. Traditionnellement, on pensait que les oiseaux modernes avaient hérité leur capacité à voler d’un ancêtre commun. Cependant, l’analyse des os du Norellraptor barsboldi révèle une ossification complète et précoce de ses membres antérieurs, contrairement aux oiseaux modernes dont les ailes continuent de se développer après la naissance pour acquérir force musculaire et rigidité osseuse. Cette particularité suggère que les microraptoria (dont fait partie Norellraptor barsboldi) et les oiseaux ont développé leur capacité à voler de manière indépendante, sans partager un ancêtre commun volant. Ce phénomène est appelé convergence évolutive, comme chez les chauves-souris et les oiseaux, qui ont développé des membres adaptés au vol à partir de pattes de reptiles sans lien de parenté direct.

Implications scientifiques

Les chercheurs, dont Xuri Wang, expliquent que les étapes menant au vol se sont succédées différemment selon les lignées de Paraves. Cette découverte remet en cause l’idée d’un ancêtre unique pour le vol chez les oiseaux. Cependant, les auteurs reconnaissent que leurs conclusions reposent sur l’étude d’un seul fossile et qu’il est impossible d’extrapoler sans risque. Ils admettent que les liens évolutifs entre les oiseaux et les microraptorinés restent controversés, tant sur le plan fonctionnel (comment ces animaux volaient-ils ?) que phylogénétique (quels sont leurs liens de parenté ?). Pour valider leur hypothèse, il faudrait retrouver les mêmes caractéristiques anatomiques chez d’autres microraptoria. Cette découverte ouvre nonetheless de nouvelles pistes pour comprendre la diversité des chemins évolutifs menant au vol.

Ce que ça pourrait changer

Les travaux du paléontologue américain *John Ostrom* dans les années 1970 ont établi le lien entre les oiseaux et les dinosaures, notamment grâce à l’étude de *Deinonychus antirrhopus* et d’*Archaeopteryx lithographica*, un dinosaure aux traits d’oiseau archaïque. Depuis, les découvertes de fossiles en Chine, comme celui du *Sinosauropteryx prima* en 1996, ont enrichi les connaissances sur l’évolution des plumes et du vol. Les recherches récentes sur les *ptérosaures* (reptiles volants) et la chronologie d’apparition des oiseaux modernes ont montré que les étapes de la conquête du ciel étaient encore mal comprises. La découverte du *Norellraptor barsboldi* s’inscrit dans ce contexte de réévaluation constante des théories évolutives.

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