NapseflowNapseflow
Généraliste

Les partis, leurs slogans et ce qu’ils tentent de vous dire

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 5 j

Radio-Canada s'est entretenu avec deux spécialistes de la communication politique pour les décortiquer..

Rôle des slogans

Les slogans politiques sont devenus un élément central des campagnes électorales au Québec depuis les années 1960. Selon Bernard Motulsky, professeur en communication à l'UQAM, ils jouent un rôle comparable à celui d'une bannière ou d'un drapeau : ils servent de point de ralliement pour les militants et de repère pour les électeurs. Martine St-Victor, stratège en communication, les compare à un polaroïd qui résume l'essence d'un programme électoral. Leur fonction principale est de simplifier la perception d'un parti pour le public, tout en le différenciant de ses adversaires. Un slogan efficace doit être mémorable, facile à répéter et permettre aux électeurs de définir rapidement l'identité d'un parti. Il ne garantit pas une victoire électorale, mais il en constitue un ingrédient essentiel, comme le souligne Motulsky : une campagne ne se gagne pas juste avec un slogan.

PQ mise sur la confiance

Le Parti québécois (PQ) a choisi le slogan Le choix de la confiance pour sa campagne électorale de 2026. Ce slogan fait écho à celui utilisé par Lucien Bouchard en 1998, qui avait permis au PQ de rester au pouvoir. Bernard Motulsky explique que le parti mise sur la popularité de son chef, Paul St-Pierre Plamondon, souvent cité comme le meilleur chef aux yeux des électeurs dans les sondages. Cependant, ce dernier est aussi perçu comme de plus en plus clivant politiquement. Martine St-Victor interprète ce slogan comme une double stratégie : d'une part, le PQ cherche à répondre à une crise de confiance généralisée envers les partis politiques, et d'autre part, il attaque directement ses adversaires. Le message sous-jacent est que les autres partis, comme le Parti libéral du Québec (PLQ) ou la Coalition avenir Québec (CAQ), ne sont pas fiables en raison de problèmes d'éthique ou de changements de leadership fréquents.

PLQ et slogan complexe

Le Parti libéral du Québec (PLQ) a opté pour le slogan Rassembler. Réparer. Bâtir pour sa campagne de 2026. Selon Bernard Motulsky et Martine St-Victor, ce slogan est plus complexe à interpréter que les autres, car il utilise trois mots distincts qui renvoient à des idées différentes. Motulsky souligne que ce choix donne l'impression que le parti n'a pas su se recentrer clairement autour d'une idée forte. St-Victor ajoute que ce slogan décrit davantage une mission gouvernementale qu'une vision partisane, ce qui crée de la confusion : est-ce que le PLQ veut réparer l'État ou son propre parti ? Pour elle, un bon slogan doit être simple et mémorable, ce qui n'est pas le cas ici. Ce manque de clarté pourrait nuire à la résonance du message auprès des électeurs, surtout pour un chef comme Charles Milliard, qui doit encore se faire connaître.

CAQ et équilibre politique

La Coalition avenir Québec (CAQ) a choisi le slogan Avançons pour sa campagne électorale de 2026. Selon Martine St-Victor, ce slogan réussit à évoquer plusieurs idées en un seul mot : la continuité, la stabilité et un regard tourné vers l'avenir. Il permet à Christine Fréchette, nouvelle cheffe du parti, de se distinguer de son prédécesseur, François Legault, sans rejeter ses réalisations. Bernard Motulsky souligne que ce slogan met l'accent sur la capacité à livrer des résultats, plutôt que sur la personne de la cheffe. L'identité visuelle du slogan évacue même le nom de la CAQ pour mettre en avant l'Équipe Christine Fréchette, ce qui renforce l'idée d'un projet collectif et moderne. Ce choix reflète une stratégie visant à rassurer les électeurs sur la stabilité tout en proposant une nouvelle dynamique.

PCQ et rupture politique

Le Parti conservateur du Québec (PCQ) a adopté le slogan Oser pour vrai pour sa campagne de 2026. Selon Bernard Motulsky et Martine St-Victor, ce slogan correspond parfaitement à l'identité du parti et à son chef, Éric Duhaime, connu pour son franc-parler et son rejet de la langue de bois politique. St-Victor souligne que ce slogan représente une rupture totale avec les autres partis, en promettant une politique plus authentique et concrète. Il sous-entend que les promesses des autres partis ne se sont pas concrétisées, contrairement à celles du PCQ. Ce message fait appel à un courage politique des électeurs, les incitant à rompre avec l'ordre établi. Ce style de slogan est typique des partis de droite à l'international, où l'appel à la rupture et à l'audace est souvent utilisé pour se différencier.

Ce que ça pourrait changer

Québec solidaire (QS) a choisi le slogan *C’est possible* pour sa campagne électorale de 2026. Bernard Motulsky explique que ce slogan vise à corriger l'image du parti, souvent perçu comme un mouvement idéaliste ou *pelleteux de nuages*. En mettant l'accent sur la faisabilité de son programme, QS cherche à convaincre les électeurs que ses propositions sont réalisables. Martine St-Victor note que ce slogan évoque une émotion positive, comparable au *_Yes we can_* de Barack Obama en 2008. Elle souligne que cette approche est particulièrement importante en période d'incertitude économique, car elle injecte de l'espoir dans le discours politique. Le slogan reflète ainsi une stratégie visant à rassurer les électeurs sur la viabilité des idées du parti.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.