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Optimus, le robot Tesla : entre pièces défectueuses et salariés qui refusent de former leur remplaçant

Numerama · mis à jour 26 sept.

Poussé par un Elon Musk prêt à tout pour transformer son constructeur automobile en empire de la robotique, Tesla fait face à la fronde de ses salariés. Entre pièces défectueuses et salariés qui refusent de former leur remplaçant, c'est un casse-tête..

Tesla mise sur Optimus

Elon Musk, PDG de Tesla, pousse l’entreprise à se diversifier dans la robotique avec son projet Optimus, un robot humanoïde présenté comme le « plus grand produit de tous les temps ». Pour y parvenir, Tesla a réaffecté ses salariés des usines de Fremont (Californie) et du Texas vers l’assemblage et l’entraînement de ces robots. Cependant, cette transition rencontre des résistances internes. Initialement, les ouvriers devaient porter des combinaisons de capture de mouvement pour enregistrer leurs gestes et enseigner à Optimus les tâches manuelles. Beaucoup ont refusé, craignant que ces machines ne les remplacent à terme. Tesla a finalement créé des équipes dédiées, équipées de casques à caméras et de combinaisons, dans des centres d’entraînement situés au Colorado, en Arizona et en Floride.

Problèmes techniques majeurs

Malgré les ambitions d’Elon Musk, Optimus V3 reste très loin des promesses initiales. Le robot, dont la main compte plus de 100 vis et pièces assemblées manuellement, présente des défauts de fiabilité. Certains capteurs tactiles sont peu performants, et Tesla prévoit d’ajouter un « gant » sensoriel remplaçable dès 2025 pour éviter de changer toute la main en cas de panne. Côté intelligence artificielle, Optimus est encore limité : il réagit de manière imprévisible face à des situations non apprises et met plusieurs jours à maîtriser une tâche basique. La production est ralentie par des difficultés à aligner correctement les composants. En janvier 2025, Musk prévoyait 10 000 robots construits dans l’année, dont plusieurs milliers opérationnels d’ici décembre 2025. Un an plus tard, aucun robot ne réalise de travail utile dans les usines, et la démonstration d’Optimus V3, promise pour mi-2026, n’a toujours pas eu lieu.

Dépendance aux pièces chinoises

Le projet Optimus souffre également d’une dépendance aux pièces chinoises, malgré le discours de Tesla sur la souveraineté technologique américaine. La FCC, régulateur américain des télécoms, a interdit en juillet 2026 l’importation de robots humanoïdes étrangers complets. Pourtant, Tesla continue d’acheter des moteurs et engrenages de précision chinois pour ses robots, une pratique courante dans la Silicon Valley. Certains fournisseurs chinois livrent des pièces de qualité en petite série, mais peinent à maintenir ce niveau quand les volumes augmentent. Cette dépendance expose Tesla à des risques de pénurie ou de baisse de qualité, alors que des concurrents comme Toyota, Hyundai et Agility Robotics progressent plus rapidement avec des robots déjà déployés dans des environnements réels.

Ce que ça pourrait changer

Tesla n’est pas seul sur le marché des robots humanoïdes. Toyota prévoit d’investir environ 1 000 milliards de yens (5,5 milliards d’euros) par an à partir de 2028 pour robotiser ses usines. Hyundai collabore avec Boston Dynamics pour déployer jusqu’à 25 000 robots *Atlas* d’ici peu. Agility Robotics, une autre entreprise, utilise déjà ses machines dans des entrepôts logistiques. Face à ces concurrents, Tesla risque de voir ses ambitions réduites à néant si ses robots restent peu fiables et coûteux à produire. L’entreprise, qui mise sur des cadences infernaces pour assembler des machines imparfaites, pourrait découvrir trop tard que le remplacement de l’humain par des robots reste un défi bien plus complexe que prévu.

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