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Droit

Procès de l’assassinat de Federico Aramburu : « Il n’y a rien de politique dans les faits qui nous sont reprochés », clament les accusés

Nouvel Obs : Procès · mis à jour il y a 11 j

Mardi, la cour d’assises de Paris s’est penchée sur la personnalité de Loïk Le Priol et Romain Bouvier qui comparaissent pour avoir abattu l’ancien international de l’équipe d’Argentine de rugby en mars 2022. Face aux questions, ils ont cherché à minimiser leur implication dans la sphère de l’ultradroite..

Procès pour meurtre

Deux hommes, Loïk Le Priol et Romain Bouvier, sont jugés devant la cour d’assises de Paris pour l’assassinat de Federico Aramburu, un ancien joueur de rugby argentin, survenu en mars 2022. Les faits reprochés sont qualifiés de meurtre avec préméditation. La cour d’assises est une juridiction française compétente pour juger les crimes, c’est-à-dire les infractions les plus graves punies de réclusion criminelle. Le procès s’est ouvert le 7 septembre 2026 et les accusés ont nié toute motivation politique dans leur acte. Federico Aramburu était une figure connue du rugby international, ce qui a contribué à médiatiser l’affaire.

Accusés et dénégations

Loïk Le Priol et Romain Bouvier, tous deux âgés de 20 ans au moment des faits, ont tenté de minimiser leur lien avec l’extrême droite lors du procès. Ils ont affirmé que les éléments retrouvés chez Romain Bouvier, comme un exemplaire de Mein Kampf d’Adolf Hitler (édition de 1939), n’avaient pas de signification politique. Bouvier a expliqué avoir acheté ce livre pour 200 euros chez un bouquiniste des quais de Seine, espérant le revendre pour 1 200 euros, sans en comprendre le contenu. L’avocat général Philippe Courroye a souligné l’incohérence de cette explication en comparant avec un livre comme Le Petit Prince. Les deux accusés ont également évoqué une collection d’ouvrages de dirigeants totalitaires, sans que les perquisitions n’aient confirmé cette affirmation.

Contexte et enjeux

L’affaire prend une dimension particulière en raison du profil des accusés et des circonstances de l’assassinat. Federico Aramburu, ancien international argentin de rugby, a été tué par balles en mars 2022 à Paris. Les enquêteurs ont rapidement établi que les tirs avaient été effectués en quatre secondes, avec six balles tirées. Les médias ont souligné l’éventuelle radicalisation des accusés, évoquant leur possible appartenance à des groupes d’ultradroite. Le procès s’inscrit dans un contexte plus large de lutte contre les dérives extrémistes en France, alors que plusieurs affaires judiciaires récentes ont mis en lumière des réseaux radicaux.

Arguments de la défense

Les avocats des accusés ont tenté de dissocier les faits reprochés de toute dimension politique. Romain Bouvier a expliqué que sa bibliothèque reflétait un intérêt pour les textes fondateurs de régimes totalitaires, sans pour autant adhérer à leurs idéologies. Il a précisé ne pas parler allemand, ce qui rendrait incompréhensible la lecture de Mein Kampf. Loïk Le Priol, quant à lui, a cherché à se présenter comme un individu lambda, dont les actes ne seraient pas motivés par une idéologie. Ces arguments visent à éviter une qualification pénale aggravée, comme celle de crime à caractère terroriste.

Ce que ça pourrait changer

L’avocat général Philippe Courroye a souligné l’incohérence des explications des accusés, notamment concernant la présence de *Mein Kampf* dans leur environnement. Le procès se poursuit avec l’audition des témoins et l’analyse des éléments matériels. Les familles de la victime et l’opinion publique suivent attentivement ce procès, qui pourrait établir des liens entre les accusés et des réseaux d’extrême droite. Une condamnation pour meurtre avec préméditation pourrait entraîner une peine de réclusion criminelle à perpétuité, selon le droit français.

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