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Près de 2, 7 € de retombées économiques pour chaque euro investi : les universités

The Conversation France · mis à jour il y a 4 j

En étoffant les compétences des étudiants, les universités investissent dans le capital humain. Jessica Olivella/Pexels , CC BY L’ESSENTIEL Par leurs dépenses et les publics qu’elles attirent, les universités irriguent le tissu économique.

Investissement public rentable

Selon une étude récente, chaque euro investi par l’État dans les universités génère en moyenne 2,7 euros de retombées économiques pour les territoires. Ce résultat provient du programme Investigation socio-économique sur l’impact territorial des universités (In Situ), lancé en 2025 et étendu à plus de 10 universités en 2026. L’État finance principalement ces établissements via la subvention pour charge de service public (SCSP), introduite en 2001, qui représente près de 70 % de leur budget. Les collectivités territoriales, notamment les régions (à hauteur de 67 % entre 2018 et 2021), contribuent également à leur financement, bien que cette compétence soit facultative pour elles. Ces investissements publics se révèlent donc particulièrement efficaces pour stimuler l’économie locale.

Rôle économique des universités

Les universités agissent comme des moteurs de croissance à travers deux canaux principaux. D’abord, elles améliorent le capital humain en formant des étudiants plus compétents, ce qui favorise l’innovation et la compétitivité des entreprises locales. Ensuite, elles génèrent une demande économique directe : dépenses de fonctionnement, salaires des personnels, consommation des étudiants (logement, transports, loisirs) et emplois en alternance. Par exemple, l’Université Gustave-Eiffel, implantée à Champs-sur-Marne, concentre 30,5 % des emplois générés par sa communauté d’agglomération, alors qu’elle n’y représente que 12,5 % des emplois. Ces effets de proximité sont uniques et difficilement comparables à ceux d’autres établissements publics.

Méthodologie et limites

Les études mesurant l’impact économique des universités utilisent généralement une approche comptable pour distinguer les effets directs (dépenses immédiates) et indirects (achats auprès de fournisseurs locaux), ainsi que des modèles keynésiens pour estimer les effets induits (consommation supplémentaire générée par les revenus). Cependant, cette méthode présente des limites. Les multiplicateurs régionaux (valeurs comprises entre 1 et 7 selon les études) varient en fonction des hypothèses choisies, ce qui rend les comparaisons difficiles. De plus, la plupart des analyses s’appuient sur des données agrégées, limitant la précision des résultats. Le programme In Situ innove en exploitant des données locales détaillées, combinées à des simulations, pour obtenir des résultats plus fiables et comparables entre établissements.

Impact national et emploi

Sur un échantillon de six universités membres de l’association L’Initiative (regroupant 206 000 étudiants), l’impact économique total atteint près de 4 milliards d’euros au niveau national, soit environ 0,13 point de PIB. Cela correspond à la création ou au maintien de 83 500 emplois en équivalent temps plein, équivalant à l’impact d’un grand groupe industriel. Environ 80 % de cet effet provient des dépenses des étudiants, ce qui souligne leur rôle clé dans l’économie locale. Par exemple, l’étude pilote sur l’Université Gustave-Eiffel montre que 40,2 % de l’effet emploi régional se concentre en Seine-et-Marne, alors que cette région ne représente que 8 % de l’emploi en Île-de-France.

Ce que ça pourrait changer

Les résultats du programme In Situ soulignent l’importance de mieux prendre en compte l’impact territorial des universités dans les décisions budgétaires. Les collectivités et l’État sont invités à renforcer leur soutien à l’enseignement supérieur et à la recherche (ESR), en s’appuyant sur des données locales précises pour optimiser les investissements. Le Congrès 2026 de *France Universités*, organisé le 15 octobre 2026 autour de la question *« Quel pacte universitaire pour la France de demain ? »*, vise à intégrer ces enjeux dans les politiques publiques. L’objectif est de concilier performance économique, attractivité des territoires et équité sociale, en s’appuyant sur le rôle unique des universités comme leviers de développement local.

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