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Numérique

Un homme accusé à tort de crime sexuel par l’IA de Google, l’entreprise jugée responsable

Next.ink · mis à jour il y a 16 j

Le mode IA de Google a indiqué à certains internautes qu’un médecin d’Aix-la-Chapelle avait été condamné pour agression sexuelle, des faits qui concernaient un autre homme. La Justice estime Google responsable du contenu produit.

Cas d'une erreur d'IA

En 2026, un médecin allemand spécialisé en neuroradiologie a découvert que les résumés générés par l’intelligence artificielle (IA) de Google associaient son nom à une fausse biographie. Selon ces résumés, accessibles via la fonctionnalité AI Overview de Google, l’homme aurait été condamné pour agression sexuelle en mars 2026 et suspendu de ses fonctions de direction de clinique en février 2024. Aucune de ces informations n’était exacte : elles correspondaient en réalité à un autre professeur d’université, condamné dans une affaire judiciaire distincte. Ce cas illustre un phénomène appelé hallucination en IA, où un système génère des informations fausses mais présentées comme vraies. La cour régionale d’Aix-la-Chapelle a confirmé ces erreurs en septembre 2026.

Condamnation de Google

Le 24 septembre 2026, le tribunal régional d’Aix-la-Chapelle a jugé Google responsable des fausses informations diffusées par son IA et a interdit à l’entreprise de reproduire cet élément de désinformation. Cette décision s’appuie sur un raisonnement juridique selon lequel Google est considéré comme un éditeur des contenus générés par ses outils d’IA, et donc responsable de leur exactitude. Il s’agit de la deuxième condamnation de ce type en Allemagne en 2026, renforçant une jurisprudence récente. En juin 2026, le tribunal régional de Munich avait déjà interdit à Google de diffuser des éléments faux générés par son IA, associant des entreprises à des escroqueries qu’elles n’avaient pas commises. Google avait initialement annoncé son intention de faire appel, mais a finalement renoncé et conclu un accord avec les plaignants.

Réaction de Google

Le médecin a signalé l’erreur à Google dès le 28 août 2026 via l’adresse removals@google.com, demandant la suppression des informations trompeuses. Le 15 septembre 2026, Google a répondu qu’il ne prendrait aucune mesure. Après une mise en demeure, l’entreprise n’a toujours pas agi, selon le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Face à l’inaction de Google, le médecin a saisi la justice, qui a ordonné à l’entreprise de corriger les éléments produits par son IA, au motif qu’ils violaient ses droits individuels. Google pourrait tenter de trouver un accord avec le plaignant pour éviter une décision contraignante, mais cette approche soulève des questions sur d’éventuelles incitations à générer des contenus dommageables.

Implications juridiques

Les décisions des tribunaux allemands de 2026 marquent un tournant dans la responsabilité des entreprises technologiques face aux erreurs de leurs outils d’IA. Les juges estiment que les résumés générés par l’IA de Google produisent des affirmations indépendantes, neuves et substantielles, combinant et évaluant des informations issues de sites web tiers. Cette interprétation juridique pourrait encourager d’autres poursuites en Allemagne, où des individus ou cabinets spécialisés pourraient exploiter ces erreurs pour obtenir des compensations financières. Cependant, cette dynamique pose un risque : elle pourrait inciter à générer délibérément des contenus faux ou préjudiciables, dans l’espoir d’extorquer des accords financiers à Google ou d’autres éditeurs d’IA.

Ce que ça pourrait changer

Les *hallucinations* des outils d’IA, comme celles de Google, sont un phénomène documenté depuis plusieurs années. Elles surviennent lorsque les systèmes génèrent des informations inexactes mais plausibles, en combinant des données existantes de manière erronée. Ces erreurs peuvent avoir des conséquences graves, notamment lorsqu’elles concernent des personnes réelles, comme dans le cas du médecin allemand. En Allemagne, les tribunaux semblent adopter une position stricte, considérant les entreprises technologiques comme responsables des contenus générés par leurs outils. Cette approche pourrait influencer d’autres pays dans leur régulation de l’IA, mais elle soulève également des questions sur l’équilibre entre innovation technologique et protection des droits individuels.

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