On pensait que regarder son téléphone en marchant ne faisait que distraire : cela augmenterait aussi votre stress et modifierait votre démarche
Tenir un téléphone devant soi modifie déjà la démarche, avant toute notification. Cette posture réduit la vitesse et la longueur des pas, tout en maintenant plus longtemps les deux pieds au sol..
Une étude récente révèle que l'acte de regarder son téléphone en marchant ne se limite pas à une simple distraction. Jusqu'à présent, on pensait que cette habitude ne faisait que détourner l'attention de la marche, sans conséquence physique ou psychologique majeure. Cependant, des chercheurs ont découvert que cette pratique influence directement deux aspects de notre quotidien : le niveau de stress et la manière de marcher. En d'autres termes, consulter son écran tout en se déplaçant ne perturbe pas seulement notre concentration, mais modifie aussi notre état de stress et notre démarche. Cette étude remet en question l'idée selon laquelle les effets de cette habitude seraient uniquement liés à une perte de vigilance.
Les scientifiques ont observé que les personnes marchant tout en regardant leur téléphone présentaient un niveau de stress plus élevé que celles qui marchent sans distraction. Ce stress accru pourrait s'expliquer par la surcharge cognitive imposée par la double tâche : marcher et traiter des informations visuelles ou textuelles sur un écran. Le cerveau, déjà sollicité pour maintenir l'équilibre et éviter les obstacles, doit en plus analyser des données numériques, ce qui augmente la pression mentale. Ce phénomène illustre comment une activité quotidienne, comme consulter son téléphone, peut avoir des répercussions physiologiques inattendues.
En analysant la façon dont les participants marchaient, les chercheurs ont constaté des changements dans leur démarche. Par exemple, leur vitesse de marche diminuait, leur pas devenait plus irrégulier et leur posture se courbait légèrement vers l'avant. Ces modifications sont probablement dues à la nécessité de compenser la réduction de la vision périphérique causée par la fixation sur l'écran. La marche, une activité souvent considérée comme automatique, devient alors moins fluide et plus coûteuse en énergie. Ces résultats soulignent l'importance de la vision dans la coordination motrice.
Les conséquences de cette habitude ne se limitent pas à un inconfort passager. Une démarche altérée peut, à long terme, augmenter le risque de chutes, notamment chez les personnes âgées ou celles souffrant de troubles de l'équilibre. De plus, le stress chronique lié à cette pratique pourrait contribuer à des problèmes de santé mentale, comme l'anxiété. Bien que l'étude ne précise pas de durée d'exposition critique, elle met en garde contre les effets cumulatifs d'une utilisation prolongée du téléphone en marchant. Ces risques justifient une prise de conscience accrue de nos habitudes numériques.
Face à ces découvertes, les chercheurs suggèrent de limiter l'usage du téléphone en marchant, surtout dans des environnements potentiellement dangereux, comme les trottoirs ou les escaliers. Ils recommandent de privilégier des moments de connexion sans déplacement, comme s'asseoir sur un banc ou s'arrêter dans un lieu sûr. Pour les personnes dépendantes de leur téléphone, des solutions existent, comme activer le mode mains-libres ou utiliser des écouteurs. Ces ajustements pourraient réduire les effets négatifs tout en permettant de rester connecté. L'objectif n'est pas d'éliminer totalement cette habitude, mais de la rendre plus consciente et moins risquée.

