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Géopolitique

“Est-ce l’apocalypse ?” La fumée des feux de forêt modifie la couleur du ciel de Toronto

Courrier International · mis à jour il y a 21 j

La brume jaunâtre issue de centaines de feux de forêt sévissant dans le nord de l’Ontario s’est installée à Toronto le 15 juillet, lui donnant des airs de fin du monde, se désole le “Toronto Star”. Le quotidien précise que la situation va perdurer au moins jusqu’à l’approche du week-end dans la métropole canadienne..

Ciel orange à Toronto

Le 15 juillet 2026, la ville de Toronto a été enveloppée d’un ciel orange inquiétant en raison d’un épais nuage de fumée provenant d’incendies de forêt dans le nord de l’Ontario. Ce phénomène a entraîné une chute de la qualité de l’air de la métropole au dernier rang mondial, selon le Toronto Star. La situation a été si grave qu’elle a provoqué des avertissements sanitaires et l’annulation d’événements, dont la retransmission de la demi-finale de la Coupe du monde de football, remportée par l’Argentine contre l’Angleterre. Les images montrent des baigneurs contemplant ce ciel inhabituel depuis les rives du lac Ontario. Cette couleur orange est due à la diffusion de la lumière par les particules fines présentes dans la fumée, un phénomène similaire à celui observé lors de grands incendies ou d’éruptions volcaniques.

Évacuations massives

Les incendies de forêt dans le nord de l’Ontario ont forcé des milliers de personnes à évacuer leur résidence, sans savoir si leurs maisons résisteraient aux flammes. Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a exprimé son inquiétude face à cette situation. La fumée des brasiers s’est étendue bien au-delà des frontières canadiennes, affectant également des villes américaines comme New York, où le maire Zohran Mamdani a alerté la population sur la dégradation de la qualité de l’air. Cette pollution atmosphérique a atteint des niveaux malsains dans certaines parties de la ville, rappelant que les effets des incendies ne se limitent pas à une seule région. La canicule qui frappait Toronto au même moment, avec des températures record de 37,3 °C le 14 juillet, a aggravé la situation en favorisant la propagation des feux.

Changements climatiques

Les incendies de forêt au Canada, autrefois considérés comme des événements exceptionnels, risquent de devenir de plus en plus fréquents en raison des changements climatiques, selon Rebecca Saari, spécialiste en ingénierie environnementale à l’université de Waterloo. Elle explique qu’une grande partie de cette augmentation est directement liée au réchauffement climatique, qui favorise des conditions plus sèches et plus chaudes propices aux départs de feu. Les scientifiques soulignent que ces événements, autrefois rares, pourraient désormais se produire chaque année, voire plusieurs fois par an. Cette tendance s’inscrit dans un contexte mondial où les feux de forêt deviennent un problème récurrent, comme en témoignent les alertes en Europe.

Ce que ça pourrait changer

La pollution atmosphérique au Canada cause déjà 17 000 morts prématurées par an, selon les estimations. Les dommages économiques liés à cette pollution s’élèvent à plus de 140 milliards de dollars canadiens, soit environ 87 milliards d’euros, chaque année. Ces chiffres pourraient s’aggraver si la qualité de l’air continue de se dégrader, met en garde Rebecca Saari. Les particules fines présentes dans l’air, comme celles issues des incendies, pénètrent dans les poumons et peuvent provoquer des maladies respiratoires, cardiovasculaires ou même aggraver des pathologies existantes. Les coûts incluent les dépenses de santé, la perte de productivité et les dommages environnementaux à long terme.

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