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Géopolitique

La crise pétrolière liée à la guerre en Iran s’aggrave

Courrier International · mis à jour il y a 19 j

Les réserves mondiales de pétrole, qui jusqu’à présent ont permis d’atténuer les effets de l’arrêt du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, ont fortement baissé en juillet, alerte l’Agence internationale de l’énergie. Son dernier rapport ne prévoit pas d’amélioration avant la fin de l’année..

Guerre Iran détroit Ormuz

Depuis février 2026, la guerre en Iran perturbe gravement l'approvisionnement mondial en pétrole. Le détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique située entre l'Iran et Oman, est partiellement ou totalement bloqué en raison du conflit. Ce détroit est un point de passage essentiel pour environ 20 % du pétrole mondial transporté par voie maritime. Les tensions ont entraîné une fermeture prolongée, empêchant les tankers de quitter ou d'entrer dans le Golfe persique, où se trouvent des pays producteurs majeurs comme l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Cette situation aggrave une crise pétrolière déjà existante, car le pétrole ne peut plus être exporté normalement vers les marchés mondiaux.

Réserves mondiales en baisse

Pour compenser le manque de pétrole en circulation, les pays ont puisé dans leurs réserves stratégiques, appelées aussi réserves de précaution. Depuis le début de la guerre, 410 millions de barils ont été utilisés, soit une moyenne de 2,7 millions de barils par jour (mbj). Ces réserves, gérées par les États et les entreprises, servent normalement de filet de sécurité en cas de crise. Cependant, leur épuisement rapide montre que la situation est plus grave que prévu. L'Agence internationale de l'énergie (AIE), une organisation intergouvernementale qui suit les marchés énergétiques, alerte sur la diminution de ces stocks, qui ne pourront pas être reconstitués avant la fin de l'année 2026.

Déficit pétrolier record

L'AIE révise à la baisse ses prévisions pour le troisième trimestre 2026 : le monde pourrait manquer de 1,8 million de barils par jour, soit plus du double des estimations précédentes. Ce déficit signifie que la demande en pétrole dépasse l'offre disponible. Normalement, l'offre mondiale devrait atteindre 101,5 millions de barils par jour en juillet 2026, mais elle reste inférieure de 6,3 millions de barils à son niveau de l'année précédente. La production du Golfe persique, déjà réduite, ne compense pas cette baisse, et les exportations régionales ont chuté de 2,1 millions de barils par jour, passant à 15 millions de barils par jour.

Fluctuations des exportations

Les exportations de pétrole en provenance du Golfe ont connu des variations extrêmes en juillet 2026. Début juillet, les chargements atteignaient 20 millions de barils par jour, mais ils sont retombés à environ 12 millions de barils par jour quelques semaines plus tard. Ces fluctuations reflètent l'instabilité des routes commerciales et les risques liés au conflit. Les compagnies pétrolières et les pays producteurs tentent de s'adapter, mais la situation reste imprévisible. La Chine, par exemple, a dû réajuster sa demande en réduisant ses importations, ce qui a encore accentué le déséquilibre entre l'offre et la demande.

Ce que ça pourrait changer

Cette crise pétrolière a des répercussions économiques mondiales. Les pays riches, dépendants des importations de pétrole, voient leurs coûts énergétiques augmenter, ce qui pèse sur les salaires et l'emploi. Les compagnies pétrolières, en revanche, enregistrent des profits records, estimés à 700 000 dollars par minute selon certaines sources. Cette disparité entre les bénéfices des producteurs et les difficultés des consommateurs illustre les tensions du marché. L'AIE souligne que sans une résolution rapide du conflit ou une augmentation de la production ailleurs, la crise pourrait s'aggraver d'ici la fin de l'année.

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