En Colombie, les nominations au sein du futur gouvernement De la Espriella essuient les critiques
Élu en juin, Abelardo de la Espriella doit prendre ses fonctions de président au début du mois d’août, en Colombie. Dans l’attente, le leader d’extrême droite dessine les contours de son administration : le ministère de l’Éducation devrait être pris en charge par une ex-procureure opposée au mariage homosexuel, celui des Affaires étrangères par un complotiste proche de Trump, et divers postes au sein de l’armée par des généraux poursuivis par la justice..
Le président élu colombien Abelardo de la Espriella doit prendre ses fonctions le 7 août 2026. Son gouvernement, composé de 18 ministres, a déjà pourvu 12 postes. Cependant, ces nominations suscitent des critiques, car elles privilégient des personnalités issues de la politique traditionnelle, et non des figures nouvelles comme promis pendant sa campagne. Selon la politologue Sandra Borda, citée par le journal El País América, De la Espriella n’avait pas d’autre choix que de s’appuyer sur des experts expérimentés pour diriger l’État, une réalité qui explique la présence de ces visages familiers. Cette stratégie contraste avec son discours initial, axé sur la représentation des populations marginalisées.
La future ministre de l’Éducation, Viviane Morales, ancienne procureure générale, est au cœur des controverses. Elle est chargée de mener une reconstruction morale et académique dans les écoles, mais ses positions passées inquiètent. Morales s’est opposée à l’adoption par des couples homosexuels et à l’allongement du délai légal pour l’avortement, qu’elle qualifie de meurtre en raison de ses convictions religieuses. Le journal El Espectador souligne que ces prises de position menacent les droits des minorités en Colombie. Son rôle dans ce ministère pourrait donc limiter les avancées sociales, notamment pour les communautés LGBTQ+ et les femmes.
Le futur ministre des Affaires étrangères, Omar Bula, est un ancien diplomate ayant travaillé à l’ONU et proche des États-Unis. Son profil suggère une orientation pro-américaine pour la politique étrangère colombienne. Cette nomination pourrait renforcer les liens avec Washington, mais elle est perçue comme un choix controversé par certains observateurs. En effet, elle pourrait marginaliser d’autres partenaires régionaux ou affaiblir la recherche d’autonomie diplomatique de la Colombie, un pays traditionnellement engagé dans des alliances variées en Amérique latine.
Les médias progressistes colombiens critiquent vivement ces nominations, les qualifiant de *retour en arrière* pour le pays. Le journal *El Espectador* met en garde contre le risque de recul des droits sociaux, notamment pour les minorités, tandis que *El País América* souligne l’absence de renouvellement politique. Ces critiques reflètent une inquiétude plus large : malgré ses promesses de changement, le gouvernement De la Espriella semble reproduire les schémas traditionnels, avec des figures expérimentées mais peu représentatives de la diversité colombienne.

