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Société

N.L.’s offshore oil could help bankroll a company linked to Israel’s illegal occupation of Palestine

Ricochet · mis à jour il y a 6 j

Ithaca Energy’s proposed takeover comes as the Carney government promises to ban trade with Israel’s illegal settlements — at the same time, the energy company’s majority owner is named in a UN blacklist over alleged activities supporting settlements in the occupied Palestinian territories The post N.L.’s offshore oil could help bankroll a company linked to Israel’s illegal occupation of Palestine appeared first on Ricochet..

Vente des parts de Suncor

La compagnie pétrolière canadienne Suncor a annoncé en octobre 2026 la vente de ses participations dans trois projets pétroliers offshore de Terre-Neuve-et-Labrador à la société britannique Ithaca Energy pour un montant total de 1,2 milliard de dollars canadiens, avec une possible bonification de 350 millions de dollars en fonction des prix du pétrole. Suncor cède ainsi 48 % de sa part dans le projet Terra Nova, 40 % dans White Rose et 38,6 % dans West White Rose. Sous l’accord, Ithaca Energy reprendra également la gestion opérationnelle du projet Terra Nova. Cette transaction s’inscrit dans une stratégie de recentrage de Suncor sur ses activités principales. Offshore désigne ici des gisements pétroliers situés en mer, exploités depuis des plateformes ou des infrastructures sous-marines.

Lien avec Delek Group

Ithaca Energy est majoritairement détenue par le Delek Group, un conglomérat israélien spécialisé dans le pétrole et le gaz, qui fournit notamment du gaz naturel à Israël. Le groupe est contrôlé par l’homme d’affaires israélien Yitzhak Tshuva, dont la fortune est estimée à 6,9 milliards de dollars américains selon Forbes. Tshuva a servi dans l’armée israélienne et travaillé au ministère israélien de la Défense. Le Delek Group est cité dans une base de données des Nations Unies publiée en septembre 2026 pour son implication dans des activités jugées contraires aux droits humains dans les territoires palestiniens occupés. Ces activités incluent le soutien logistique aux colonies israéliennes, comme le transport, et l’exploitation des ressources naturelles (eau, terres) à des fins commerciales.

Accusations de violations

Le Who Profits Research Centre, un organisme indépendant, accuse en 2025 une filiale de Delek, Delek Israel Fuel Company Ltd., d’exploiter des stations-service et des commerces dans les territoires occupés de Cisjordanie, Jérusalem-Est et le Golan syrien. En 2020, cette filiale aurait remporté un contrat de ravitaillement en carburant pour le ministère israélien de la Défense et l’armée israélienne, d’une valeur estimée à plusieurs centaines de millions de shekels israéliens par an. Ces services permettraient notamment de ravitailler automatiquement des véhicules militaires. Ces allégations s’ajoutent à celles de la base de données de l’ONU, qui couvre la période d’août 2019 à avril 2026.

Réactions politiques canadiennes

La députée fédérale Heather McPherson, porte-parole du Nouveau Parti Démocratique (NPD) en affaires étrangères, a appelé le gouvernement canadien à bloquer l’acquisition d’Ithaca Energy, estimant que cela contredirait l’engagement pris en septembre 2026 par le Premier ministre Mark Carney de sanctionner les entreprises facilitant ou profitant des colonies israéliennes. Carney a déclaré que ces colonies étaient « illégales selon le droit international » et que le Canada, avec la France et le Royaume-Uni, prendrait des mesures pour interdire l’importation de biens en provenance de ces territoires. McPherson souligne que le Canada devrait étendre ces sanctions aux services et aux investissements, et non se limiter aux biens matériels. Le gouvernement fédéral n’a pas encore précisé les modalités de ces mesures.

Controverse internationale

Au Royaume-Uni, où Ithaca Energy détient 20 % du projet pétrolier Rosebank en mer du Nord, des groupes écologistes et le Parti vert britannique ont interpellé le gouvernement britannique sur la compatibilité de cette participation avec les engagements pris par le Premier ministre Andy Burnham en septembre 2026. Burnham avait rejoint Carney et le président français Emmanuel Macron pour annoncer des sanctions similaires. De son côté, Delek Group affirme dans la presse britannique qu’il n’est plus impliqué dans les colonies et que son inclusion dans la base de données de l’ONU est une erreur. En 2021, le fonds de pension norvégien KLP avait exclu Delek de ses investissements en raison de risques liés aux violations des droits humains, et le fonds souverain norvégien a fait de même en 2023.

Position des autorités locales

Le ministre provincial de l’Énergie et des Mines de Terre-Neuve-et-Labrador, Lloyd Parrott, n’a pas répondu aux questions sur cette transaction. Il a renvoyé vers le Canada-Newfoundland and Labrador Offshore Energy Regulator (C-NLOER), l’organisme binational chargé de superviser les activités pétrolières offshore. Selon le C-NLOER, son rôle se limite à vérifier que les opérateurs respectent les réglementations en matière de sécurité, d’environnement, de gestion des ressources et de retombées économiques locales. Le gouvernement provincial conservateur met en avant le caractère « éthique » et « respectueux de l’environnement » du pétrole offshore de la province, une affirmation contestée par l’opposition. Le chef du NPD provincial, Jim Dinn, accuse le gouvernement d’hypocrisie et demande une législation pour empêcher de telles transactions à l’avenir.

Ce que ça pourrait changer

En 2024, le géant norvégien **Equinor** a fait face à un procès aux États-Unis pour ses liens avec Delek, bien que la plainte ait été rejetée. Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de critiques internationales contre les entreprises impliquées dans les colonies israéliennes, avec des procédures en cours devant la **Cour pénale internationale (CPI)**. Les défenseurs des droits humains soulignent que les conflits comme celui en Palestine augmentent les risques de violations des droits fondamentaux. En 2021, KLP avait justifié sa décision d’exclure Delek en invoquant le **règlement de La Haye** et la **quatrième Convention de Genève**, qui encadrent les obligations des États et des entreprises en zone occupée. Ces textes interdisent l’exploitation des ressources naturelles par des acteurs privés dans des territoires sous occupation militaire.

Sujets complémentaires

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